S'en remettre à Dieu

Saint Roch, priez pour nous ; © FDD
Saint Roch, priez pour nous
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L’existence de germes pathogènes invisibles à l’œil nu, responsables de la contagion entre malades, n’est définitivement admise qu’au XIXe siècle grâce aux travaux de Louis Pasteur. Pourtant, dès le XVIe siècle, Jérôme Fracastor (1478 ou 1483-1553) avait émis l’idée que les maladies infectieuses se propagent par l’intermédiaire d’organismes vivants, trop petits pour être visibles à l’œil nu. Jusqu’au XIXe siècle prédomine donc la théorie de la génération spontanée, qui veut que de nouveaux êtres vivants peuvent naître « spontanément » de matières inertes. Pendant longtemps, on pense également que l’environnement joue un rôle fondamental dans la naissance et le développement des épidémies.

Ainsi, la peste est généralement considérée comme une corruption de l’air par des vapeurs pestilentielles venues du sous-sol, lieu de décomposition et de corruption de la matière. Des vapeurs ou des miasmes remontent alors à la surface et retombent sur les hommes. Le venin contenu dans ces effluves pénètre les pores de la peau et corrompt les humeurs. La nature imprévisible de ce fléau (c’est là la signification même de « pestis » en latin), la rapidité de la contagion, la violence des symptômes et l’issue presque toujours fatale de la maladie conduisent les hommes à y voir un châtiment divin, envoyé par les dieux afin de les punir de leurs péchés. C’est ainsi que dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, Thucydide relate les sacrifices faits aux dieux dans l’espoir d’éradiquer l’épidémie de peste qui frappe Athènes entre 430 et 426 av. J.-C. De même, dans le Livre de Samuel, on peut lire comment les Philistins, après avoir vaincu les Hébreux et capturé l’Arche d’Alliance pour la placer dans leur temple à Asdod, trouvèrent la statue de leur dieu brisée et furent frappés de symptômes mortels qui évoquent ceux de la peste. 

Dès lors, quoi de plus naturel que de se tourner vers Dieu et vers les saints pour tenter de se protéger, d’autant que la médecine reste largement impuissante ? On sollicite ainsi fréquemment le secours de saint Roch, de saint Charles Borromée, de saint Sébastien ou encore de la Vierge.


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