Depuis le papyrus d’Ebers

La Mandragore ; © FDD
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Un apothicaire ; © FDD
Un apothicaire
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Le bois de gaïac et la maladie vénérienne ; © FDD
Le bois de gaïac et la maladie vénérienne
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Se soigner, soigner son prochain et tenter de le soulager en utilisant les produits de la nature a toujours été un des buts de l’humanité. Toutes les civilisations de l’Orient à l’Occident ont apporté leur contribution à cette quête.

Dans la Grèce antique, Esculape est le dieu de la médecine. Les asclépiades, prêtres médecins, se consacrent à son culte et traduisent les prescriptions divines. En Égypte, les prêtres d’Isis ne livrent les secrets qu’ils tiennent des dieux qu’aux seuls initiés et transcrivent sur les murs des temples les recettes des remèdes. Les formules tirées du règne végétal animal ou minéral par la médecine sacerdotale sont ainsi conservées à grand renfort de secret.

Transmises oralement, les recettes donnent lieu à des inscriptions lapidaires dont certaines sont transcrites sur papyrus. C’est à Imhotep, médecin et chancelier du roi égyptien Tosorthos Zoser que reviendrait le mérite d’avoir rassemblé les premiers recueils de formules écrites sur papyrus. Le plus connu est le papyrus d’Ebers. Il date du règne de Ramsès Ier, mesure environ 20 mètres de long sur 0,30 de large et contient 875 formules de remèdes.

Ces recettes accumulées par la médecine sacerdotale sont recueillies par des religieux ou des philosophes, puis par des hommes de science qui les expérimentent. Hippocrate réunit les observations relevées dans les sanctuaires, tandis qu’Hérophile constitue le premier formulaire en réunissant les médicaments indiqués dans les temples. La Grèce, Alexandrie et Rome nous ont légué le Brevarium de Sérapion, Les livres de Galien et les codex de Dioscorides.

En Perse, les disciples de Nestorius ont fondé une école qui rassemble deux civilisations de l’Orient, l’Asie et l’Inde. Ils possèdent les écrits des savants de la période grecque et latine ainsi que les ouvrages hindous et chinois. La préparation des médicaments devient une science indépendante de la médecine et le Grabadin, premier ouvrage de pharmacopée, est créé en 850.

Les Arabes traduisent les textes pour leur École de Bagdad et développent la pharmacopée tout au long du XIIe et du XIIIe siècle. Le Canon de la Médecine d’Avicenne restera pendant six siècles la référence médicale.

L’École de Salerne est la première université d’Occident au XIe siècle. Elle s’efforce d’opérer dans le domaine médical la synthèse des courants grec, latin et arabe. À la fin du XIIe siècle, un médecin du nom de Platearius compose le Livre des Simples Médecines. Cet ouvrage, fondé sur les textes de Dioscorides et de Galien, décrit 273 simples utilisées pour la préparation de remèdes. Dictionnaire de matière médicale, il énumère dans l’ordre alphabétique les simples, c’est-à-dire les produits végétaux, minéraux et animaux qui ne sont pas mélangés à d’autres substances, servant à la préparation des remèdes.