Objet de la collection

Oeuvre : Précisions - 1995 18.185 Estampe Les Animaux malades de la peste. | Art & patrimoine pharmaceutique

Numéro d'inventaire: 
1995 18.185

Dénomination: 

Estampe

Titre: 

Les Animaux malades de la peste.

Domaine(s) DMF: 
Création / Exécution: 

création :
Gilbert-Martin Charles (dessinateur)
1887

Don Quichotte (éditeur)
12/11/1887

Date de création / exécution: 
1887
Matières et techniques: 

papier (gravure en couleur)

Mesures: 

H. 35,3 cm, l. 27,5 cm

H. 63 cm, l. 49 cm (passe-partout)

Marques et inscriptions: 

Tampon Collection M. Bouvet (petit) (en bas à droite)

Description cartel: 
Les grandes maladies de l’histoire servent parfois d’allégorie politique sans qu’une épidémie ne ravage le pays à ce moment-là. Dans une fable parue en 1678, Les Animaux malades de la peste, Jean de La Fontaine dénonce l’instrumentalisation de la justice par les puissants à l’époque de Louis XIV. En pleine épidémie de peste, les animaux cherchent le responsable de la colère divine afin qu’il se sacrifie pour sauver tous les autres. Personne n’ose blâmer le lion, roi des animaux, qui s’accuse pourtant d’avoir dévoré moult moutons et même le berger, ni les autres prédateurs (ours, tigre, etc.). La sentence désigne finalement l’âne, qui n’a fait que manger un peu d’herbe dans un pré qui n’était pas le sien. Ce texte est repris par le journal Le Don Quichotte en 1887 et s’accompagne en une d’une illustration de Charles Gilbert-Martin. En l’absence de texte pour expliquer l’image, on fait alors confiance au lecteur pour déchiffrer la signification de la gravure à l’aune de l’actualité politique grâce aux rares indices que le caricaturiste insère dans sa composition. Ainsi, l’âne qui succombe sous l’assaut des autres animaux porte-t-il un chapeau de général au nom de Caffarel. Il s’agit de Louis Charles Caffarel, impliqué dans le scandale des décorations. En octobre 1887, il est en effet accusé de monnayer des décorations militaires et de favoriser des concurrents dans l’attribution de marchés militaires. Reconnu coupable, il est discrètement privé de ses décorations et mis d’office à la retraite. On découvre peu après que le scandale s’étend bien plus loin et que le trafic était orchestré depuis l’Elysée par Daniel Wilson (que l’on aperçoit, mal en point, dans un lit à l’arrière-plan). Député et gendre du président de la République Jules Grévy, il est d’abord condamné à deux ans de prison avant d’être finalement acquitté. Les lits voisins sont aux noms d’Aubanel et du Figaro, allusion à un autre scandale qui a secoué la IIIe République deux mois plus tôt. Un document militaire confidentiel avait été publié par Le Figaro sans que l’on sache comment il avait pu sortir du ministère de la Guerre. On apprit plus tard qu’il avait été volé et vendu au journal par un certain Aubanel, journaliste de bas étage. La peste devient dès lors plus largement une allégorie de ses scandales qui gangrènent la vie politique à la fin du XIXe siècle.

Expositions: 

De la peste au sida