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  • Zoom sur l'officine

Introduction

« Zoom sur l’officine » et « Zoom sur l’apothicairerie » sont les deux volets de cette « Page de Pub ». Cette première séquence offre un nouveau décryptage de la série publicitaire « Visages de l’officine ». Editée entre 1971 et 1973 par les Laboratoires Roussel, elle présente plusieurs spécialités sous la forme de fiches posologies.


A destination des médecins et pharmaciens, ces encarts publicitaires étaient distribués par voie postale ou par les visiteurs médicaux; le but étant d’inciter à la prescription. Les laboratoires ont développé ce vecteur de communication en faisant appel à des artistes comme Pierre-Paul Darigo. Ces créations originales - illustrations et photographies - ont à cœur de placer l’officine sur le devant de la scène par une approche historique et géographique.


La lecture proposée de ces publicités divisées en trois thèmes : « Pharmacies anciennes », « Pharmacies anciennes sauvegardées » et « Pharmacies françaises sauvegardées », se veut volontairement iconographique. Esthétique, architecture, emblèmes pharmaceutiques, symboles religieux prennent le pas sur une traditionnelle histoire de la pharmacie.


Nous vous invitons à feuilleter ce catalogue d’images et à découvrir des pharmacies séculaires, classées monuments historiques ou inscrites à l’inventaire supplémentaire, préservées en Europe et en France.


M. Pierre Paul Darigo, l’artiste qui a réalisé ces devantures nous livre ses souvenirs à la découverte de l’archéologie des boutiques dans un article "Visage sur l'officine"

Pharmacies anciennes

Pharmacie du 17e siècle

Pharmacie du 17e siècle

Pharmacies anciennes, 1. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,8 cm

© Sanofi-aventis


Darigo s’inspire ici des frontispices des pharmacopées du 17e siècle de Jean de Renou et d’une miniature du Christ apothicaire de Wilhem Baur (1600-1640). Cette officine « Aux vipères d’or » est celle de Moyse Charas (1619-1698), célèbre pour ses travaux sur la thériaque.

Le blason de la communauté des apothicaires et épiciers de Paris apparaît sur le comptoir. Au fond de la boutique trône la représentation des trois règnes de la nature : végétal, animal et minéral. Elle est accompagnée de la devise « in his tribus versantur » « il s’occupe des trois » rappelant que le pharmacien utilise les trois règnes pour exercer son art.

La présence d’une croix verte comme enseigne est une fantaisie de l’artiste dans la mesure où à l’époque celle-ci n’était pas encore un emblème officiel de la pharmacie.  

Pharmacie arabe du 14e siècle

Pharmacie arabe du 14e siècle

Pharmacies anciennes, 2. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,8 cm

© Sanofi-aventis



Cette illustration d’une pharmacie arabe s’inspire de miniatures de manuscrits arabes des 12e et 13e siècles, figurant des « ispeçiar » assis dans leur boutique ou s'activant à la préparation de divers remèdes. Celui-ci est assis au centre, accompagné d’un préparateur utilisant un alambic. Une balance et de nombreux pots ornent la pièce. A l’extérieur, la façade porte la marque de deux symboles religieux : la Khamsa ou Main de Fatima et l’Etoile de David. Un luxuriant jardin des simples jouxte l’officine. Les couleurs vives, les multiples motifs décoratifs et personnages animent la composition.   

Pharmacie du 16e siècle

Pharmacie du 16e siècle

Pharmacies anciennes, 3. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis


La boutique est largement ouverte sur la rue ainsi que sur un vaste jardin des simples à l’arrière. L’apothicaire représenté est inspiré d’une gravure allemande du Livre des métiers (1568) de Jost Amman (1539-1591).

L’enseigne « A la Pome Cythrine »  met le règne végétal à l’honneur alors que des animaux empaillés (serpent, crocodile, oiseaux) suspendus au plafond ou posés sur les boiseries symbolisent le règne animal. En 1509 à Fontenay-le-Comte, une officine portait ce même nom.   

Pharmacie romaine

Pharmacie romaine

Pharmacies anciennes, 4. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,8 cm

© Sanofi-aventis



Cette publicité se présente telle une fresque antique de Pompéi dont la surface est craquelée, fissurée, blanchie par le temps. Darigo veut donner l’impression que l’on contemple directement une fresque.

Sur le mur d’entrée, on lit cette inscription, en gros caractères : « Otiosis locus hic non est. Discede morator ». « Ce n’est point ici la place des oisifs ; flâneur, éloigne-toi ». Cet éloge du travail est l’une des 6000 inscriptions retrouvées sur les murs de Pompéi parmi des messages d’amour, des listes électorales, des listes de prix…  

Des symboles de la pharmacie sont peints sur la façade : un serpent, Esculape, dieu romain de la médecine et sa fille Hygie.  

Pharmacie du 15e siècle

Pharmacie du 15e siècle

Pharmacies anciennes, 5. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



La pharmacie est placée sous le patronage de Saint-Nicolas dont la statue est nichée sur le toit. Saint thaumaturge et patron des mariniers, il apparaît une ancre de bateau à la main et coiffé d’une mitre. Il fut choisi comme protecteur par la confrérie des apothicaires et épiciers de Paris au 15e siècle.

Cette officine est largement ouverte sur la rue. A l’arrière plan, pots et bouteilles contiennent plantes et épices tout comme sur la fresque du 15e siècle au Château d’Issogne, en Italie, représentant un apothicairerie. Au second plan, un préparateur pile quelque substance dans un mortier. Des pains de sucre sont présentés sur le comptoir tandis qu’une balance est posée sur la table à l’intérieur.  

Pharmacie du 13e siècle

Pharmacie du 13e siècle

Pharmacies anciennes, 6. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



Dans la boutique, l’espiciar converse avec un client tandis que son aide broie des ingrédients. Darigo s’inspire des enluminures italiennes du Tacuinum Sanitatis, réalisées au 14e siècle. Ce traité d’hygiène dérive d'un ouvrage arabe écrit au 11e siècle par un médecin de Bagdad. Au milieu du 13e siècle, une traduction latine assure sa diffusion en Europe.

L’architecture et les personnages de l’apothicaire et son apprenti sont quasiment identiques à ceux représentés sur le folio illustrant la préparation de la thériaque considérée comme la panacée universelle pendant plus de dix-huit siècles.   

L'officine de l'alchimiste du 16e siècle

L’officine de l’alchimiste du 16e siècle

Pharmacies anciennes, 7. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis


La représentation faite de l’alchimiste et de son laboratoire est empreinte d’étrangeté et de mystère. Dans un vaste intérieur, on observe l’œuf philosophique dans les flammes de l’athanor. La façade, parsemée de symboles alchimiques est particulièrement sombre. Des flammes s’échappent des pots à feu. En contre-jour, l’alchimiste pointe de sa baguette la signature de Darigo apposée au pied de l’édifice.   

Une "pharmacie" grecque 

Une « pharmacie » grecque

Pharmacies anciennes, 8. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 41,8 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



A la manière des vases grecs à figures rouges, Darigo illustre un asclepion, temple dédié au dieu grec de la médecine, comme en attestent le coq et les serpents sur le fronton. Des sculptures monumentales d’Asclépios avec son bâton et de sa fille, Hygie, enlacée par un serpent, encadrent l’entrée. Quatre ex-voto aux formes anatomiques attestent de guérisons antérieures. Un intérêt tout particulier est porté au rendu de la musculature du blessé, couché au pied des marches.

Les malades, pour être admis, étaient purifiés par une série de bains, onctions et sacrifices. Pendant leur sommeil, Asclépios leur apparaissait en songe. Le lendemain, le malade transmettait alors aux prêtres médecins le traitement ordonné par le dieu. 

Pharmacie du 18e siècle

Pharmacie du 18e siècle

Pharmacies anciennes, 9. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



La façade est ornée de gigantesques serpents de pierre. Darigo ajoute également quelques détails pittoresques à la composition : une vitre brisée, une jeune femme regardant par la fenêtre.

Au 18e siècle, l’agencement des officines évolue. Cette illustration marque ce changement. Désormais, la devanture n’est plus ouverte sur la rue mais au contraire fermée par des fenêtres à petits carreaux de verre qui assurent une protection. Des céramiques et des mortiers peuvent alors prendre place derrière ces vitrines en guise de décoration.  

Pharmacie de monastère au 10e siècle

Pharmacie de monastère au 10e siècle

Pharmacies anciennes, 10. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



Dans un lieu nommé « infirmorum » par l’inscription présente sur le fronton, deux moines préparent des remèdes. Plusieurs symboles rappellent qu’à l’époque, les monastères avaient la charge de soigner les malades : la croix surplombant l’édifice et l’Esprit Saint, représenté sous les traits d’une colombe nimbée.

La composition frontale de l’image, ses motifs et ses couleurs vives rappellent les enluminures des manuscrits byzantins des 9e et 10e siècles.

Pharmacie du 19e siècle

Pharmacie du 19e siècle

Pharmacies anciennes, 11. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 41,9 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis


Sur cette façade de pharmacie du 19e siècle, les inscriptions et les réclames sont nombreuses. Celles-ci font état des produits vendus, des compétences du titulaire ou bien encore des ses fonctions : préparation et vente de médicaments, analyses… Cette profusion d’annonces est une sollicitation visuelle permanente pour attirer le public.

Devant la vitrine décorée de pots en céramique, bocaux aux multiples substances et verreries piriformes suspendues à eau colorée, le pharmacien et son apprenti prennent la pose. Détail curieux, ce dernier tient en laisse un crocodile qui verse quelques larmes. Les rideaux aux motifs de mortier et de seringues à clystère sont tout aussi insolites.

Pharmacie du 20e siècle

Pharmacie du 20e siècle

Pharmacies anciennes, 12. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis



La devanture s’inscrit dans une esthétique moderne, caractéristique des années 1970 par ses couleurs vives et ses formes géométriques. La porte en fer forgé reproduit des symboles stylisés de la pharmacie : deux serpents se faisant face, un mortier et son pilon, un pot de pharmacie.

Dans la vitrine de droite, Darigo remplace avec espièglerie le nom des produits sur le présentoir par son patronyme.


Pharmacies anciennes sauvegardées

Pharmacie anglaise

Pharmacie anglaise

Pharmacies anciennes sauvegardées, 13. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis


Cette pharmacie anglaise ne tient pas sa particularité de son architecture mais à son eau de lavande dont elle s’était faite la spécialiste. Ouverte en 1720 à Knaresborough, elle porte la mention «Ye Oldest Chymist Shoppe in England » (la plus ancienne pharmacie d’Angleterre) sur l’enseigne. Toutefois le bâtiment situé sur la place du marché remonte à l’époque médiévale et accueille aujourd’hui un salon de thé.  

Pharmacie Belge

Pharmacie Belge

Pharmacies anciennes sauvegardées, 14. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 41,9 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis


L’édifice, construit en 1426, qui abrite la pharmacie « Het Sweert » (Au Glaive) à Hasselt était à l’origine une auberge. Ce n’est qu’en 1713 que cette maison à colombages devient une officine. Celle-ci doit son nom au masque à la gueule grande ouverte, situé à l’angle, d’où surgit un bras tenant un glaive.

La pharmacie possède une belle collection de céramiques de Delft, des boiseries du 18e siècle, une cheminée en marbre et un grand mortier du 17e siècle.

Pharmacie espagnole

Pharmacie espagnole

Pharmacies anciennes sauvegardées, 15. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27,1 cm

© Sanofi-aventis



La pharmacie Padrell de Barcelone, fondée en 1561 par Léopold Padrell, homme d'église et apothicaire, est la plus ancienne de la ville. Suite à la démolition d’une partie du quartier de la Ribéra en 1714, elle est transférée dans le quartier gothique de la ville.

Le maître verrier, Joan Espinagosa, lui apporte sa décoration de style « modernismo », art nouveau espagnol, vers 1890. Sur le grand vitrail de l’entrée, des coquelicots, des iris et des narcisses reposent dans des albarels aux dessins floraux. A l’intérieur, une chapelle consacrée à la Vierge est dédiée à la mémoire de son fondateur. Quelques meubles baroques sont encore conservés ainsi qu’une lampe en fer forgé, ornée de roses qui remporta un premier prix à l’exposition universelle de Barcelone en 1929.

Pharmacie Danoise

Pharmacie danoise

Pharmacies anciennes sauvegardées, 16. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis


La Svane Apoteket d’Elseneur est la quatrième plus ancienne pharmacie du Danemark. Fondée en 1577, elle est transférée à son emplacement actuel au 17e siècle. Le cygne étant un emblème du pays, le nom de « pharmacie du cygne » y est assez répandu.  

Pharmacie allemande

Pharmacie allemande

Pharmacies anciennes sauvegardées, 17. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



A l’angle de la façade de la Hof-Apotheke de Bamberg, une imposante sculpture représente la Sainte-Trinité. A gauche se tient Dieu le père, figure du médecin céleste. Sur la gauche, le Christ, le Fils médecin, tient dans sa main la croix. Au-dessus deux, rayonne le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Un autel domestique en bois sculpté, de la Sainte-Trinité, datant du 18e siècle, était installé à l’intérieur tout comme de magnifiques et riches boiseries baroques, toujours conservées.

Cette iconographie de la Sainte-Trinité en pharmacie est surtout répandue en Allemagne, en France, en Hongrie, en Autriche et en Suisse.  

Pharmacie Italienne

Pharmacie italienne

Pharmacies anciennes sauvegardées, 18. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis


La pharmacie Mazzinghi à Prato près de Florence existe depuis 1300. Un tableau du 18e siècle conservé au Museo Civico de Prato sur lequel la pharmacie est représentée atteste de son architecture originelle. En effet, au fil des siècles, son aspect extérieur comme sa décoration intérieure ont subi de nombreuses transformations.

Une chevrette et quelques pots de pharmacie en céramique placés en vitrine décorent la façade très sobre.

Pharmacie autrichienne

Pharmacie autrichienne

Pharmacies anciennes sauvegardées, 19. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1971

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



Fondée en 1662, la pharmacie de Obernberg am Inn se pare en 1758 d’une étonnante ornementation rococo en stuc. Elle est l’œuvre de Johann Baptist Modler (1697-1774). Au centre, la Vierge nimbée est entourée de putti et de la colombe du saint-Esprit. Juste en dessous, sur une sphère, l’artiste a choisi de représenter Adam et Eve dans le jardin d’Eden. Une curieuse queue d’être diabolique apparaît à leur côté. Au-dessus des fenêtres du premier étage, quatre bustes font office d’allégorie des quatre saisons. Modler réalisa deux autres façades de maison en stuc; toutes deux à proximité de la pharmacie.  

Pharmacie suisse

Pharmacie suisse

Pharmacies anciennes sauvegardées, 20. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



La pharmacie Weinmarkt à Lucerne est tout à fait insolite. Si le bas de l’édifice est en pierre avec une belle fenêtre en encorbellement, toute la partie supérieure est couverte de peintures murales et de trompe-l’oeil très colorés. Une créature fantastique mi-homme mi-serpent enlace un arbre. Au-dessus de celui-ci, une frise illustre le combat de trois petits hommes nus contre des serpents. Des symboles pharmaceutiques comme le mortier, le pilon, la coupe d’Hygie et le bâton d’Esculape sont également représentés. Au dernier niveau, trônent un hibou et deux chauve-souris.

Au 16e siècle, des représentations théâtrales avaient lieu régulièrement à Pâques sur la place Weinmarkt, devant l’officine. Certains drames étaient l’œuvre de son apothicaire Renward Cysat (1545-1614).   

Pharmacie portugaise

Pharmacie portugaise

Pharmacies anciennes sauvegardées, 21. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis


Installée dans une vaste maison depuis 1726, la pharmacie de la Botica à Vila do Prado est l’une des plus anciennes du Portugal. Si la maison fut rachetée et transformée en institution charitable, l’officine resta en place. Sa façade est simple : deux portes et deux fenêtres au rez-de-chaussée, deux fenêtres et une niche à l’étage. Ces différents éléments sont reliés par une frise intermédiaire en pierre.  

Pharmacie française

Pharmacie française

Pharmacies anciennes sauvegardées, 22. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



C’est dans cette grande maison à colombages de Strasbourg que se trouvait jusqu’en 2001, la plus ancienne pharmacie française en activité ; devenue depuis la Boutique Culture de la municipalité au service de la promotion des activités culturelles.

Son existence est attestée dès 1268. Dénommée, pharmacie du cerf, une enseigne en fer forgé à l’angle de la façade représente l’animal. Cette pharmacie célèbre donc les vertus thérapeutiques de la bête. En effet, les organes du cerf rentraient autrefois dans la composition de nombreux remèdes.

A l’intérieur, des sculptures de dragons et salamandres ornent les arcades. Les peintures murales sont l’œuvre du peintre strasbourgeois Léo Schnug (1878-1933).  

Pharmacie Russe

Pharmacie russe

Pharmacies anciennes sauvegardées, 23. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



L’immense pharmacie Ferrein, créée en 1701 à Moscou s’étend sur plusieurs niveaux. La façade est rythmée en trois travées. Le rez-de-chaussée est revêtu d’un bossage. Les fenêtres du premier étage sont encadrées par des colonnes cannelées aux chapiteaux corinthiens. Juste au-dessus, sont placées quatre figures sculptées et trois fenêtres en demi-cercle. Au dernier niveau une arcade rythmée de colonnettes soutient l’entablement à consoles.  

Pharmacie Hongroise

Pharmacie hongroise

Pharmacies anciennes sauvegardées, 24. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo

Paris, 1972

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis


En 1623, la pharmacie du Lion est la seconde pharmacie à ouvrir ses portes dans la ville de Sopron. La première, baptisée pharmacie de l'Ange, date de 1595.

En 1878, son ornementation du 18e siècle laisse place à une devanture dans le plus pur néo-rococo. Au centre de la façade rythmée par six pilastres aux motifs de grotesques, se démarque un décor illustrant un lion. Celui-ci fut réalisé en carreaux de faïence de la fabrique de Zsolnay. Fondée en 1853, cette manufacture était à la fin du 19ème siècle la première usine de céramiques en Hongrie.

Le mortier aux poignées en forme de lion représenté en vitrine, est aujourd'hui conservé au musée de la pharmacie de Sopron.

Pharmacies françaises sauvegardées

Commercy

Commercy
Pharmacies françaises sauvegardées, 25. Visages de l'officine
Pierre-Paul Darigo, Decamps
Paris, 1973
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Ed. Sopel.imp.Blin et Fils
H.27 cm - L.41,9 cm
© Sanofi-aventis

Créée en 1907, la pharmacie Malard à Commercy est un bel exemple du style de l'Ecole de Nancy. Commandée à l'ébéniste Eugène Vallin (1856-1922), elle présente une devanture en bois exotique, garnie de deux grilles en fer forgé. A l'intérieur, les boiseries sont ornées de douze plantes médicinale et autant de noms de savants renommées. Des bocaux en verre bleu encadrent deux vitraux du maître verriez Joseph Janin (1851-1910), représentant un pavot et une digitale. Quatre autres, au motif d'arum, décorent le meuble de vitrine. Les arabesques végétales de l'Art Nouveau se prêtant parfaitement au domaine pharmaceutique, les murs arboraient à l'origine un papier peint au motif de fushias ; oeuvre du décorateur Charles Fridrich (1876-1952).

Poitiers

Poitiers

Pharmacies françaises sauvegardées, 26. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



Dans cette pharmacie, probablement fondée au début du 19e siècle, deux panneaux sculptés d’une jeune figure symbolisent la jouvence. Un écusson en émail à la gloire des trois règnes de la nature orne la porte du laboratoire. La devise « in his tribus versantur » l’accompagne.  

Douvres La Délivrande

Douvres La Délivrande

Pharmacies françaises sauvegardées, 27. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



Construite en 1901, sur les plans de l’architecte caennais Rouvray, la pharmacie intègre bon nombre d’éléments de décoration Art Nouveau. Les ferronneries aux lignes végétales et les fenêtres en sont le témoin. Les grilles en fer forgé du portail d’entrée rappellent résolument les créations d’Hector Guimard (1867-1942), en particulier la façade du Castel Béranger, achevé en 1898. Au centre d’une vitrine au cintre en forme de pétales, se détache une haute et étroite porte.

A l’intérieur, une horloge parée de deux serpents et des effigies de Galien et Hippocrate prend place sur la balustrade de la galerie supérieure. Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1975, du mobilier d’origine est conservé : la cheminée, le comptoir et le carrelage aux motifs floraux.  

Obernai

Obernai

Pharmacies françaises sauvegardées, 28. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



Fondée en 1760, cette pharmacie d’Obernai porte le nom de la sainte patronne de l’Alsace : Sainte-Odile. Un tableau la représentant accompagne l’enseigne. Celle-ci apparaît nimbée, vêtue d’une robe d’abbesse bénédictine et donnant à boire à un fidèle. Selon la légende, un vieillard tomba en montant vers le monastère situé sur le mont St Odile. La sainte le rencontra et pour le soulager, elle implora le secours de Dieu, frappa le rocher avec sa crosse et fit jaillir de l’eau. Depuis, la source désaltère les pèlerins et guérit de nombreux malades des yeux. Par la suite, elle fit construire un monastère pour soigner les malades au pied de la montagne.

Dans les vitrines de l’officine trônent de belles boiseries supportant quelques pots de pharmacie et un mortier.

Chalon-sur-Saône

Chalon-sur-Saône

Pharmacies françaises sauvegardées, 29. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



Sur une façade délimitée par quatre pilastres en bossage, deux larges vitrines encadrent la porte d’entrée. Le caducée d’Hermès, dieu du commerce, est sculpté sur les pilastres centraux. Cette référence à Hermès n’est pas un cas isolé. Celui se retrouve sur la devanture de la pharmacie Picon à Annecy (voir Pharmacies françaises sauvegardées, 35). Une autre particularité réside dans le fait qu’à la place des vases de devanture sont disposés des « vases grecs ». Quelques caissons polychromes au décor végétal interrompent la rigueur classique de la façade.

Fécamp

Fécamp

Pharmacies françaises sauvegardées, 30. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27,1 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis



Au cours de la Révolution, les bâtiments des églises de la ville de Fécamp sont vendus aux enchères. Le premier titulaire de cette pharmacie, Pierre Trocque (1750-1810) acquiert quatre colonnes de la paroisse Saint-Fromond et les place sur la devanture de l’officine. Il s’agit de colonnes surmontées de chapiteaux à volutes et guirlandes. Le reste de la façade utilise d’autres éléments d’architecture classique: architrave à trois faces, frise d’oves sous la corniche.

A l’intérieur, la décoration date du premier Empire : guirlandes à festons, boiseries et pots de pharmacie.

Alençon

Alençon

Pharmacies françaises sauvegardées, 31. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



Quatre vases de devanture piriformes, en verre, avec bouchon, contenant de l’eau colorée agrémentent la vitrine. Il faut ajouter à cela, deux vases monumentaux en céramique. La décoration intérieure, quant à elle, rappelle que le premier titulaire de l’officine, alors pharmacien aux armées, participa à la campagne d’Egypte menée par Napoléon Ier. Palmiers, serpents, amphores, ruche, abeilles et tente militaire constituent un plafond peint inhabituel.  

Bordeaux

Bordeaux

Pharmacies françaises sauvegardées, 32. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 42 cm - L. 27 cm

© Sanofi-aventis



La pharmacie des Carmes à Bordeaux est ainsi nommée en référence à l’Eau de Mélisse des Carmes, vendue dans l’officine et considérée comme une panacée universelle au 17e siècle. Son fondateur, Pierre Catinot s’y installe en 1791. Chassé de son couvent suite à sa démolition, celui-ci fut le seul moine apothicaire à obtenir le droit d’exercer en ville.

L’entrée située à l’angle de deux rues est encadrée par deux grands vases taillés dans la pierre. Ses pots de pharmacie sont aujourd’hui dispersés dans différents musées européens. Un mortier en bronze créé en 1784 est conservé au Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux. Les boiseries de la fin du 18e siècle et un baromètre sont eux restés en place.   

Montélimar

Montélimar

Pharmacies françaises sauvegardées, 33. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



Créée en 1820, la pharmacie Brun de Montélimar voit sa façade rénovée en 1860. Celle-ci se pare alors de ferronneries néo-gothiques qui lui donnent son caractère si moderne pour l’époque. Ses arcs et ses éléments décoratifs nervurés sont très finement travaillés à la façon d’une dentelle de fer. Deux vases surmontés de félins ornent les pilastres. Les pots de montre, la balance, le mortier et son pilon en vitrine viennent contrebalancer l’originalité de la devanture.

Paris, pharmacie Pelletier

Paris, pharmacie Pelletier

Pharmacies françaises sauvegardées, 34. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

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La pharmacie Pelletier à Paris est connue pour avoir été l’officine de Joseph Pelletier (1788-1842) qui avec son associé Joseph-Bienaimé Caventou (1795-1877) découvrit la strychnine en 1818 et la quinine en 1820. Celle-ci était d’ailleurs préparée dans le laboratoire de l’officine avant d’être fabriquée en grandes quantités en usine.

Sur la devanture, Pelletier affiche l’une de ses spécialités pharmaceutiques dont il vante les mérites.

Cette même officine accueillit, en son temps, un autre pharmacien et chimiste célèbre, Guillaume-François Rouelle (1703-1770).  

Annecy

Annecy

Pharmacies françaises sauvegardées, 35. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 42 cm

© Sanofi-aventis



La pharmacie Picon à Annecy présente un décor symbolique et original. Sa devanture, sculptée vers 1890, est l’œuvre de l’ébéniste italien Alexandre Furno. Des serpents et la coupe d’Hygie occupent la partie supérieure. Selon la mythologie grecque, Hygie, fille d’Esculape, dieu de la médecine, donna à boire au serpent du temple d’Epidaure dans cette coupe. Ce motif est choisi en 1942 comme emblème de la pharmacie française par le Conseil Supérieur de la Pharmacie.

Un caducée d’Hermès, dieu du commerce, prend place sur les pilastres (voir pharmacies françaises sauvegardées, 29). Il est composé d'un bâton surmonté de deux ailes, autour duquel s'enroulent deux serpents se faisant face au sommet.

A l’intérieur, les voûtes en pierre et les boiseries sont d’origine.

Paris, Pharmacie Trusson

Paris, pharmacie Lhopitallier

Pharmacies françaises sauvegardées, 36. Visages de l'officine

Pierre-Paul Darigo, Decamps

Paris, 1973

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Ed. Sopel. Imp. Blin et Fils

H. 27 cm - L. 41,9 cm

© Sanofi-aventis



Fondée en 1750 par Trusson puis transférée à son emplacement actuel en 1867, la pharmacie est toujours en activité. Du matériel ancien et de nombreux bocaux en verre y sont conservés. Trébuchet, centrifugeuse, balance, mortier et pilon, vase de devanture à eau colorée ornent les vitrines. Petit détail amusant : on peut voir le reflet du photographe dans le coin inférieur droit de la devanture.


Depuis, la pharmacie Lhopitallier a fermé ses portes en juin 2012. Aujourd’hui son décor est conservé dans les réserves du musée Carnavalet , musée d’histoire de la Ville de Paris qui a, dorénavant, la lourde tâche de valoriser ce patrimoine en le présentant au grand public et aux professionnels de santé.

Crédits

Conception et textes : Dominique Kassel

Numérisation des documents : FDD

Illustrations : SANOFI

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