Chargement
  • Zoom sur l'Apothicairerie

Introduction

« Zoom sur l’apothicairerie » est le second volet de Page de Pub. Après « Zoom sur l’officine » cette seconde séquence offre un nouveau décryptage de la série publicitaire « Apothicaireries hospitalières », bien connue des professionnels de santé.



« Zoom sur l’apothicairerie » vous propose une lecture de ces images axée sur les œuvres d’art et objets d’art décoratif de ces pharmacies : boiseries, décor, sculptures, faïences, peintures, mobilier, objets d’art sacré… dont certains sont protégés au titre des Monuments historiques.


M. Bruno Bonnemain, docteur en pharmacie, secrétaire de la Société d’Histoire de la Pharmacie nous livre, en complément, le point de vue de l’historien grâce à deux articles : Les religieuses hospitalières sous l’Ancien Régime.


Nous vous invitons à feuilleter ce catalogue d’images et à découvrir l’originalité et la richesse des pharmacies hospitalières de Louhans, Tournus, Carpentras, Troyes Lyon…

Apothicaireries de A à D

Apothicairerie de Baugé

Le plafond peint en bois de châtaigner parsemé d'étoiles d'or et le parquet de chêne au motif de soleil, symbole de Louis XiV témoignent d'une quête esthétique extrêmement poussée.
Compartimenté en caissons, le plafond est orné de moulures en faux marbre blanc et rouge sur fond bleu symbolisant un ciel.

A cela s'ajoute une profusion de faïences et un ensemble rare de 142 silènes verts décorés de fleurs et feuilles. Les meubres révèlent également l'originalité esthétique de Baugé. Les formes sont particulièrement spécifiques : dressoirs à huit niveaux et tourelles demi-circulaires dont les 10 étages reposent sur des colonnes torses
Les tableaux des fondatrices de l'hôpital Anne de Melun et Marthe de la Beausse complètent le prolifiques décor.

Apothicairerie de Bazas

L'apothicairerie, probablement créée au début du XVIIIe siècle, dispose de belles boiseries en chêne sculpté sur trois des quatre murs. Celles-ci permettent d'admirer de très beaux pts en faïence de Lyon, Montpellier et Bordeaux, des boîtes rondes en bois peint en vert et une collection de verrerie de teinte bleu-vert. Ces boutelles, globes, flacons, carafes, cantines et conserves réalisées au XVIIIe siècle, proviennent d'une fabrique de verre locale.

Sur une table à gibier de style Louis XV au dessus en marbre, on trouve une balance à colonne de la fin du XVIIIe siècle, un trébuchet, des poids, un mortier en marbre noir et un petit mortier en bronze décoré de quatre balustres et de l'allégorie de la Charité.

Apothicairerie de Besançon

Les boiseries du XVIIIe siècle forment divers rayonnages, placards, tiroirs et vitrines décorées de pilastres sculptés.

Le plus haut niveau est occupé par une série de balustres faisant le tour de la pièce. Les vitrines, quant à elles, sont surmontées de frontons dorés et sculptés. L'utilisation des couleurs rouge et or combinée aux boiseries peintes en faux marbre donnent un cachet tout particulier à l'ensemble.

Un mortier du XVIIe siècle orne l'un des angles. Haut de 40 cm, ce mortier en bronze porte, sur la bordure supérieure, une inscription latine révélant l'année 1686. Le corps présente un décor sur trois registres : en haut une frise de palmettes : dans le registre médian, cinq têtes de lion en relief entourent un médaillon central ; en bas, une frise historiée représentant des martyrs sous une colonnade.

Apothicairerie de Bourg-en-Bresse

L'apothicairerie de Bourg-en-Bresse se compose de trois pièces : l'officine, l'arrière-boutique et le laboratoire où siègent encore un imposant fourneau, deux alambics en cuivre un pressoir à graines oléagineuses et vaisselle en étain.

Dans l'officine, les rayonnages et les niches des boiseries en chêne de style Louis XV épousent parfaitement les formes des divers pots et grands vases de montre.

Sur un écritoire, est placé un groupe sculpté représentant Sainte Anne, la Vierge Marie et l'enfant Jésus. Mise en relief par sa grande taille et son regard bienveillant, Sainte Anne porte l'enfant Jésus et tient de sa main gauche sa fille. Celle-ci, de petite taille, tend les bras vers l'enfant Jésus. Cet ensemble trintaire est également présent dans l'apothicairerie de Saint Germain-en-Laye.

Apothicairerie de Carpentras

Conçue et décorée entre 1750 et 1763, l’apothicairerie de Carpentras se démarque par sa richesse décorative et la profusion des couleurs : sol au motif bleu et rouge, boiseries bleues et jaunes, panneaux peints.

Un fronton couronne l’armoire centrale. Sur celui-ci, trois putti ramassent des plantes. Juste en dessous, une inscription latine « herbis non verbis fiunt medicamina vitae » (Ce sont les plantes et non les discours qui soignent) met en valeur les ressources du règne végétal dans la confection des remèdes et le métier d’apothicaire.

Douze panneaux peints décorent les placards. Huit d’entre eux, en camaïeu bleu, illustrent des scènes champêtres dans lesquelles on aperçoit promeneurs, pêcheurs, rivières, cascades, éléments d’architecture… Ils sont l’œuvre de Joseph Siffred Duplessis (1725-1802), peintre né à Carpentras.

Sur les quatre autres, en ocre brun, des singes apothicaires procèdent à l’extraction d’une dent, l’administration du clystère, une saignée et la préparation des remèdes dans l’officine. Ces singeries sont attribuées à Alexis Peyrotte (1699-1769).


Apothicaire de Castelnaudary

L’apothicairerie de Castelnaudary a sur ses étagères une belle collection de pots en porcelaine de style Empire mais surtout 119 albarelli et pots canon en faïence de Moustiers du XVIIIe siècle. Ces derniers proviennent pour la plupart de l’atelier des frères Ferrat. A décor vert, bleu, rouge ou polychrome, ils sont ornés de feuilles d’acanthe, de roses et de têtes de faunes.

Un autre objet remarquable est sans nul doute un mortier en bronze daté de 1622 et portant une inscription latine signifiant « Beaucoup de maux trouveront leur salut dans ce mortier sous la sauvegarde du sauveur ».

Sur un tableau décoré d’un mortier et son pilon, d’un alambic, de flacons et de drogues figure une inscription latine extraite de L'Ecclésiastique (Si 38). Celle-ci peut-être traduite comme suit : « C’est de Dieu que procède toute médecine. Le Très-Haut a créé, en les tirant du sol, les médicaments et le Sage ne les dédaignera pas. Il a donné aux hommes la science. L’apothicaire fabriquera des drogues qui apaisent et mettra au point des onguents qui guérissent ».

Apothicaire de Dijon

Disposés en hauteur sur des consoles à volutes, deux pots de montre et deux fontaines se font face. Ces faïences comme le reste de la collection seraient l’œuvre du faïencier dijonnais François Sigault d’après une commande effectuée en 1741.

Les quatre imposantes faïences en camaïeu bleu présentent des caractéristiques communes. Ainsi, des mascarons féminins soulignés d’une draperie servent de anses et le décor est organisé en registres horizontaux.

Sur la panse de la première fontaine, le faïencier a dépeint un paysage marin avec un bateau. Le reste du corps est occupé par des frises de rinceaux. Des festons ornent le pied.

La seconde fontaine est décorée plus simplement de frises aux motifs géométriques et végétaux ; des glands sont suspendus à des arcs chantournés.

Apothicaireries de E à P

Apothicairerie de Gray

Dans l’apothicairerie de Gray, les boiseries en chêne vernis forment une combinaison de placards bas surmontés de tiroirs, d’étagères murales ou d’une niche à battant vitré. Dans celle-ci, sont disposés des pots francs-comtois en bois peint du début du XIXe siècle et différents poudriers en verre. Sur les sept rayons des étagères, sont présentés 90 pots (chevrettes, bouteilles, gourdes, piluliers). On dénombre également 164 tiroirs contenant les diverses plantes et drogues. L’inventaire du mobilier de l’Hôtel-Dieu de 1838 mentionne une presse à fleurs et à fruits en noyer, toujours présentée aujourd’hui.

Parmi d’autres éléments de décor, nous pouvons citer : une huile sur toile intitulée Sacrifice dans un paysage (1ere moitié du XVIIIe siècle), un tableau représentant la Cène (huile sur bois du XVIIe siècle), une statue reliquaire de la Vierge à l’Enfant.

Le laboratoire, quant à lui, contient un appareil filtre pour la fabrication du sirop de sucre à froid, un mortier en marbre, un trébuchet et une balance.  

Apothicairerie d'Isle-sur-la-Sorgue

Bien que de petite taille, l’apothicairerie de L’Isle-sur-la-Sorgue attire l’œil par ses boiseries polychromes. Datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, celles-ci sont formées de panneaux découpés, moulurés et peints en bleu, rouge et doré. Des motifs tels que des fleurs, des guirlandes de feuillages et des compositions mêlant rinceaux, arabesques et coquilles agrémentent l’ensemble. Les tiroirs sont encadrés d’un liseré rouge. Le nom des substances qu’ils contiennent est inscrit au centre d’un cartouche de feuillage doré.

L’apothicairerie abrite une collection de pots en faïence de Moustiers, à décor bleu du XVIIIe siècle, des pots en porcelaine de Paris du XIXe siècle et un mortier en bronze réalisé en 1603 par le fondeur Serre-Balthazard.

Le plafond porte les armoiries de l’abbé Louis de Sade (aigle impérial à deux têtes) grâce à qui les travaux d’achèvement de l’Hôtel-Dieu furent menés à bien dans les années 1750.  

Apothicairerie de Louhans

L’empreinte religieuse est marquée dans la majorité des apothicaireries, œuvres de la foi et de la charité chrétienne, par une sculpture, une peinture, un plafond peint, une inscription… A Louhans, elle est symbolisée par une remarquable piéta en bois du XVe siècle, thème classique de l’iconographie chrétienne.

Le Christ mort est étendu près de la Vierge Marie, agenouillée Sa tête repose sur le bras de sa mère. Le visage rond et enfantin de la Vierge confère à l’œuvre toute son originalité. Des traces de polychromie sont encore visibles sur le manteau de la Vierge et la chevelure du Christ.

Sur les boiseries à arcades reposant sur des colonnettes géminées, on peut notamment admirer une magnifique collection de faïences hispano-mauresques (chevrettes, albarelli) des XVe et XVIe siècles.  

Apothicairerie de Lyon

Les boiseries de style baroque forment un meuble à trois corps composé de placards dans la partie inférieure. La partie supérieure du corps central est garnie de 40 petites niches séparées par des colonnettes torses, celle de droite de 32 tiroirs et à gauche de vitrines.

La partie centrale est surmontée d’un fronton décoré de putti, guirlandes de feuilles et d’un mascaron grimaçant. Dans la niche située en dessous, se tient Galien, sculpture signée « SB. Gradit 1780 ».

Deux scènes médicales sont sculptées en haut des encoignures : un arracheur de dents intervenant sur une femme et un apothicaire préparant la thériaque, tenant des ciseaux et un serpent au bout de sa pince. Au sommet des pilastres, on remarque deux autres scènes historiées : à droite, un indigène vêtu d’un pagne, une corbeille de fruits sur la tête ; à gauche, un homme vêtu à l’antique entouré de serpents porte une corbeille de fleurs.  Des guirlandes de fleurs, feuillages et fruits (roses, marguerites, giroflées, pavots, glands, raisins, noix, noisettes, cerises, amandes…) parsemées d’animaux (serpents, lézards, escargot, campagnol) courent le long des pilastres et dans les angles.  

Apothicairerie de Mâcon

Dans cette vaste pièce, les boiseries du XVIIIe sont extrêmement moulurées. Les placards du niveau inférieur sont surmontés de tiroirs et de vitrines en alternance. Si la structure générale est en chêne, les panneaux des portes et embrasements sont en loupe de frêne. Les tiroirs et quelques parties du décor sont en loupe d’orme. Les façades des tiroirs sont ornées de petites plaques métalliques noir et or sur lesquelles est noté le nom de la drogue contenue. Les découpes chantournées et les lignes sinueuses des boiseries sont caractéristiques du style bressan.

Sur des consoles se faisant face, sont installés deux grands pots de montre marqués « Theriaque » et « Mitridat ». Les ateliers de Lunéville ont fourni ces faïences à la forme et au décor originaux. Ainsi, le pot à Thériaque est orné de motifs floraux peints, de guirlandes de fleurs en relief et d’un grand tournesol à son sommet.  

Apothicairerie de Montluel

Sur la porte d’entrée richement sculptée, à l’intérieur d’une couronne de feuilles de chêne et de glands, le blason des Jésuites, formé du monogramme IHS représentant le nom de Jésus accompagné d’un cœur enflammé, rappelle que l’apothicairerie de Montluel est une ancienne pharmacie des Jésuites de Lyon. Au-dessus de la porte, une piéta en pierre trône aujourd’hui dans la niche en forme de coquille Saint-Jacques d’où s’échappent des serpents. L’ensemble est surmonté par un cartouche portant l’inscription « Theriaca Andromaca » en lettres d’or.

Composé de trois travées, le plafond peint sur toile marouflée est une savante combinaison de figures mythologiques, d’allégories des 4 éléments et du Temps, d’instruments de chimie mêlés aux portraits d’hommes de sciences tel Galien, Dioscoride, Hippocrate, Mathiole, Pline l’Ancien, Paracelse…

Apothicairerie de Pontarlier

Les boiseries de l’apothicairerie s’ordonnent sous un plafond voûté au décor de rinceaux et rosaces, réalisé après 1736 ; date à laquelle l’hôpital fut reconstruit après un incendie. Ces boiseries vert et or avec pilastres en faux marbre du XVIIIe siècle, forment différents rayonnages et vitrines. Des chapiteaux dorés surmontent les pilastres. Des niches et galeries à colonnes abritent la collection de faïences en camaïeu bleu.

Deux statues veillent sur les lieux : une petite Vierge à l’Enfant sur une étagère dans un angle de la pièce et une imposante statue polychrome du Sacré-Cœur de Jésus placée sur une commode Louis XVI.  

Apothicaireries de Q à Z

Apothicairerie de Saint-Amour

L’apothicairerie occupe une grande salle voûtée en ogives avec en son centre un petit plafond peint de forme ovale représentant un ciel et des plantes médicinales.

Des allégories de la pharmacie sont peintes en trompe-l’œil sur les tympans, au-dessus des portes. Des instruments de la profession y sont représentés : un alambic, une cornue, un mortier et son pilon. A ce matériel sont mêlés un coq et un serpent, attributs d’Asclépios, dieu grec de la médecine. Le serpent enroulé autour d’un palmier est un rappel des règnes animal et végétal dont sont issues de nombreuses drogues et substances.

Les boiseries de style Empire sont ponctuées de frises dorées en bas-relief sur lesquelles des lions ailés côtoient des flambeaux ornés de rinceaux.  

Apothicairerie de Saint-Denis

Transférée en 1935 dans une salle du musée d’Art et d’Histoire suite à la destruction de l’Hôtel-Dieu en 1907, l’apothicairerie de Saint Denis est quasiment en tout point identique à son état du XVIIIe siècle. Les boiseries de chêne s’insèrent parfaitement dans cette pièce édifiée aux dimensions exactes de l’originale.

Cinq grands vases balustres du XVIIIe siècle des manufactures de Rouen sont particulièrement remarquables. Sur les deux premiers, marqués « Theriaque » et « Orviatan », des mascarons sont entourés de serpents. La panse présente un décor polychrome de rinceaux, serpents et de grenouilles au recto ; un mortier, un pilon, une spatule, une seringue et des tamarins au verso. Les trois autres à la panse moins arrondie sont ornés des mêmes attributs auxquels s’ajoutent des guirlandes de fleurs et feuillages, des rubans, des crocodiles et des alambics.


Apothicairerie de St-Germain-en-Laye

Cette apothicairerie est le résultat de la fusion en 1803 des apothicaireries de l’Hôpital Général Royal créé par Mme de Montespan en 1689 et de l’ancien Hôpital de la Charité fondé en 1670. Riche de plus de 230 faïences, elle est aujourd’hui entièrement reconstituée dans une des salles de la bibliothèque municipale.

Le groupe sculpté posé sur la table est peut-être l’œuvre d’un artiste flamand du XVIe siècle Tout comme à Bourg-en-Bresse, cette représentation de la trinité mariale est le témoin de la dévotion des soignantes et des malades. Sainte Anne tient sur ses genoux la Vierge Marie couronnée et l’enfant Jésus portant un globe terrestre. Selon la légende, cette sculpture serait un don de Louise de Marillac (1591-1660), fondatrice de l’ordre des Filles de la Charité à la ville.

D’autres éléments méritent une attention particulière : les boiseries au motif de guirlandes sculptées, les silènes finement décorées de fleurs en marqueterie ou encore les motifs Louis XVI en camaïeu vert des niches et étagères…

Apothicairerie de Saint-Lizier

Les boiseries en merisier et poirier sont contemporaines de la création de l’Hôtel-Dieu, achevé en 1764. Les vitrines, étagères, tiroirs, placards et meubles d’angle semi-circulaire sont harmonieusement agencés et caractéristiques du style Louis XV.

Sur la table centrale, sont disposés une balance en cuivre du XVIIIe siècle, un trébuchet et deux gros mortiers ; l’un en marbre et l’autre en bronze. Ce dernier est décoré de huit cariatides en relief.

Outre la collection de faïence au décor bleu ou polychrome, 69 bouteilles en verre soufflé conservent les eaux et les élixirs dont «le vinaigre des 4 voleurs». Ce remède doit son nom à quatre détrousseurs de cadavres durant une épidémie de peste en 1630. Mis aux arrêts, on les somme de livrer le secret de leur résistance à la contagion : il s’agit d’un vinaigre de leur composition dont ils s’aspergeaient quotidiennement. Cet antiseptique fut inscrit au codex en 1748.

Apothicairerie de Salins-les-Bains

Installée en 1698, cette apothicairerie comporte deux pièces. La première dont les boiseries du XVIIe siècle sont l’œuvre des artistes salinois Etienne Duprel et Léonard Brunet, est équipée d’un alambic, d’un stérilisateur, de nombreux bocaux, mortiers ou autres instruments chirurgicaux.

Les boiseries rehaussées d’or de la seconde pièce ont été réalisées au XVIIIe siècle. Cette partie abrite également une remarquable collection de 240 faïences en camaïeu bleu et une série de poudriers en verre. On remarque un grand mortier en bronze fondu en 1691. Orné d'un petit relief représentant le Bon Pasteur et d'une frise de palmettes, celui-ci porte l’inscription "ANNO DOMINI 1691 BENEDICTUM".  

Apothicairerie de Tournus

La particularité du lieu réside dans la richesse du décor : sol pavé de dalles polychromes, boiseries à colonnettes torses et dorées (œuvre de deux menuisiers locaux Michel Fabre et Pierre Faudon), plafond peint… Cette richesse contraste avec la sobriété extérieure de l’hôtel dieu.

Le plafond peint a été redécouvert lors de la restauration en 1992. Il est composé d’un caisson central peint en trompe-l’œil dans lequel deux angelots dans les nuées portent des fleurs. Autour, l’artiste anonyme a réalisé un décor mêlant des sphinges et des masques sur fond d’entrelacs de fleurs et de fruits. Celui-ci avait été recouvert d’une toile peinte marouflée au XVIIIe siècle pour une raison inconnue. Sur celle-ci, la Charité, les vêtements flottants, est entourée d’angelots. L’un d’eux semble venir la nimber.

Apothicairerie de Troyes

Avec des dimensions imposantes, l’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu de Troyes présente la particularité de posséder une importante collection de silènes, classée par les Monuments Historiques en 1958. Au nombre de 319, ces boîtes en bois sont peintes dans divers coloris : vert, rouge, jaune, bleu, brun… 261 sont de forme rectangulaire et 58 de forme cylindrique.

Sur chaque silène rectangulaire, le nom de la drogue, de la plante ou de l’animal d’où provient la substance est indiqué dans un cartouche. Ce nom s’accompagne de sa représentation dans un cadre composé de fleurs, de feuilles et de volutes. Ces illustrations, d’un peintre anonyme sont pour la grande majorité des reproductions fidèles des gravures présentes dans l’ouvrage de Pierre Pomet, L’Histoire générale des Drogues, édité en 1695.

Depuis la prise de vue effectuée en 1974, de nombreux objets ont été transférés dans le laboratoire attenant, transformé en musée. C’est le cas pour les bustes reliquaires de Sainte Marguerite et Saint Barthélemy du XVIIe siècle ou encore la vaisselle en étain du XIXe siècle.


L’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes par Claudie Pornin

Crédits

Conception et textes : Dominique Kassel

Numérisation des documents : FDD

Illustrations : SANOFI

Les ressources