Le lieu

C’est sur le domaine de la “ Folie de Chartres ”, nom primitif du parc Monceau, que le banquier Pereire fit édifier à la fin des années 1860 des hôtels particuliers. Parmi les plus prestigieux on peut citer ceux du banquier Abraham de Camondo au 61 de la rue de Monceau, celui d’Emile-Justin Menier au 5 avenue Van Dyck et l’Hôtel Cernuschi de l’avenue Vélasquez.

 

 

Les deux immeubles qui abritent le siège du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens s’apparentent à un ensemble architectural composite mais harmonieux de style néo-gothique et de pastiche XVIIIe siècle. Témoignage de l’éclectisme architectural des hôtels édifiés à la fin du Second Empire, ces constructions constituent des témoins précieux d’une époque et d’un art de vivre.

 

Conscient de l’importance de ce patrimoine, l’Ordre National des Pharmaciens, a restauré et rénové les bâtiments tout en sauvegardant des éléments de patrimoine mobilier : les salons en enfilade sur le jardin, l’escalier néo-gothique et l’escalier de bois décoré de mosaïques de pâte de verre vénitienne, ainsi que le “ Pavillon Mauresque ”.

 

 

 

L’hôtel particulier du 6 avenue Ruysdaël fut édifié en 1867, comme une “maison d’habitation bourgeoise ” de style néo-XVIIIe siècle, par son propriétaire Eugène Jouët. On imagine facilement le bâtiment grâce à la description des calepins du cadastre de 1869.

… Construction en pierre de taille à l’angle du Parc Monceau, avec façade aux deux côtés, élevée sur sous-sol d’un rez-de-chaussée, premier étage carré, deuxième légèrement mansardé. A l’extrémité du bâtiment jardin d’hiver prolongeant la façade de la construction. Jardin du côté du parc, cour entre les bâtiments. Au fond de la cour, construction de briques à usage d’écuries, de remises et de chambres pour les cochers… .

 

 

 

 

 

 

L’intérieur de la maison comportait au sous-sol, les cuisines, l’office et le garde-manger. Au rez-de-chaussée, quatre pièces de réception en enfilade sur le parc Monceau : grand salon d’angle, salon Louis XV décoré de boiseries, salle à manger de marbre et un dernier salon jardin d’hiver avec sortie sur le jardin. Le premier étage, desservi par un escalier de pierre néo-gothique, était réservé aux appartements des propriétaires. Le deuxième étage mansardé était occupé par les domestiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hôtel particulier du 4 avenue Ruysdaël fut pour sa part édifié avant 1875, par l’architecte Pellechet ; de style néo-gothique assez sobre, avec une façade de brique et pierre agrémentée d’une corniche sculptée de style Renaissance séparant le rez-de-chaussée du premier étage. Toujours grâce aux descriptions des calepins du cadastre on apprend que …La construction en façade sur l’avenue conduisant au parc dont elle est séparée par une petite bande de terrain de trois mètres, élevée sur sous-sol d’un rez-de-chaussée, premier étage carré, deuxième en attique…. A l’intérieur, distribution classique avec au sous-sol les cuisines, l’office et pièces de service. Au rez-de-chaussée surélevé, pièces de réception. Premier étage réservé aux appartements privés des propriétaires. Le deuxième étage occupé par les domestiques. En fond de cour, un petit bâtiment abritait les écuries et à l’étage des chambres de service.

 

 

 

 

 

 

 

Gaston Menier, fils cadet d’Emile-Justin célèbre chocolatier, acquit le 4 avenue Ruysdaël et s’y installa en 1879 après son mariage. Il commanda d’importants travaux à l’architecte de la famille Henri Parent, qui apporta à l’hôtel particulier des modifications afin de l’adapter au train de vie de son nouveau propriétaire. Sur l’avenue, l’étage d’attique réservé aux domestiques céda la place au deuxième étage actuel, traité dans le style “ byzantino-vénitien ”.

 

 

 

 … Au moment de mon mariage j’avais acheté un joli petit hôtel, et j’y ai passé 12 heureuses années, mais comme je manquais de place j’avais fait construire des écuries souterraines desservies pas une rampe en pente douce. Les voitures occupaient le rez-de- chaussée…  Il fit démolir le petit bâtiment de la cour pour construire un pavillon de style normando-mauresque caractéristique du goût familial. Ce pavillon abritait une remise pour cinq voitures, une écurie et aux étages des chambres de service mais surtout une salle de théâtre  …qui a servi souvent de lieu de réunions pour les fêtes musicales, des bals et pour y jouer la comédie. C’est là en effet que nous avons joué des opérettes, notamment Orphée aux enfers…  nous révèle Gaston Menier dans ses souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une galerie communiquait au niveau du deuxième étage, avec le corps de bâtiment principal. Le grand escalier de bois menant aux étages fut décoré par des mosaïques italiennes en pâte de verre. Depuis la réhabilitation du siège social de l’institution ordinale le “pavillon Mauresque ” abrite les Collections d’Histoire de la pharmacie.