Le droguier Menier
Le 02/03/2016 à 14h41 par Anonyme
Résumé

L’auteur commence par évoquer un bref rappel de l’histoire de la pharmacie. Puis, elle fait référence à la maison centrale de Droguerie Menier et plus précisément au Drguier Menier lui-même qui est une collection de pots rassemblant 755 drogues. Pour finir, Isabelle Demoury s’intéresse à l’arsenal thérapeutique au 19ème siècle qui a aboutit à un travail sur l’éventuelle « cohérence entre l’usage ancien et l’usage moderne des drogues ».

 

L’Arsenal thérapeutique au 19e siècle : le Droguier Menier / Isabelle Demouy 1 (2 février 2011)

 

L’histoire de notre métier est longue, mouvementée et passionnante. Pour comprendre ce qu’est notre profession aujourd’hui il faut s’interroger sur ce qu’elle fut hier. Les connaissances actuelles s’appuient sur celles de nos prédécesseurs. Les chercheurs du 21ème siècle continuent à mener des travaux sur des drogues connues des anciens. C’est particulièrement vrai dans le domaine des drogues végétales : les plantes n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

 

L’histoire de la pharmacie et l’histoire des drogues sont autant de domaines dans lesquels il est intéressant de repérer des pistes de recherche. S’appuyer sur le patrimoine ancien pour réfléchir à ce qu’est devenu notre métier est essentiel.

 

Bref rappel historique

Les débuts de la chimie se situent au 19ème siècle, avec l’extraction des premiers alcaloïdes. L’année 1803 fut un véritable tournant pour la pharmacie. Jusque là, les pharmaciens vendaient des « remèdes secrets ». 

 

Le remède souvent confondu avec le médicament, comprend celui-ci et, de plus, tout ce qui peut combattre la maladie, améliorer l’état des malades, amener la guérison : la saignée, l’électricité, l’hydrothérapie, le régime sont des remèdes ; l’émétique, le sulfate de quinine, le chloroforme sont des médicaments...  (extrait de la préface du Codex de 1966) .

 

Comme leur nom l’indique, la composition des remèdes secrets était « secrète ». Leur vente dura jusqu’à la loi du 21 Germinal an XI, (11 avril 1803). Cette loi interdit la vente de tous les remèdes secrets exceptés ceux approuvés par les Ecoles de Médecine et de Pharmacie.

 

La loi de Germinal comporte plusieurs articles, … contenant organisation des Ecoles de pharmacie et sur la police de la pharmacie… (décret du IX Germinal An XI). La loi réaffirme le principe du monopole, monopole souvent mis à l’épreuve mais toujours bien défendu en France. Cette loi rappelle également quelques règles commerciales : le pharmacien ne pouvait faire dans son officine … aucun autre commerce ou débit que celui des drogues ou préparations médicinales ... Il pouvait également préparer et vendre des préparations officinales, dont la formule, rédigée par les professeurs des écoles de Médecine et de Pharmacie, figurait au Codex. (1ere édition 1818).

 

La loi de Germinal est devenue insuffisante face à l’évolution de la profession et à l’apparition des « spécialités pharmaceutiques ». Malgré de nombreuses propositions, aucune autre loi n’a été validée ; seuls quelques points ont été amendés avant la Seconde Guerre mondiale (réglementation des toxiques, inspection de la pharmacie, interdiction de colportage,…).

 

C’est aussi à partir de 1803 que la chimie vient s’associer à la pharmacie pour constituer la « pharmacie chimique », un des fondements de notre Pharmacopée. Cette nouvelle science va modifier rapidement et de façon importante le choix thérapeutique à disposition des médecins. C’est tout d’abord la chimie organique qui se développe, de nombreuses substances douées de propriétés sont alors préparées. A la même époque, les chercheurs découvrent également que seule une partie de la plante est le support de l’activité et non la plante entière  (principe sur lequel reviennent aujourd’hui les phytothérapeutes). C’est ainsi que « la chimie végétale » s’impose. La pharmacie galénique subit aussi des transformations car on apprend alors à extraire, à isoler et à identifier les substances actives. C’est une véritable révolution.

 

De nombreuses substances actives, issues des drogues font leur apparition entre 1800 et 1850 : alcaloïdes comme la morphine, dérivé de l’opium (1817), l’émétine trouvée dans l’ipeca (1817), la colchicine (1819), la caféine (1821), l’atropine et la hyoscyamine trouvées dans la belladone (1831), la cocaïne (1855) et bien d’autres encore … et aussi glucosides, notamment la digitaline découverte dans la digitale par Nativelle en 1868.

 

Le règne minéral est également exploité : on met en valeur l’iode (1811), le fer (1820) puis le potassium, le sodium, le calcium, le magnésium…

 

Le règne animal est encore peu utilisé : Il faudra de nombreuses années avant de voir apparaître des préparations d’origine animale, produits opothérapiques, sérums et vaccins.

C’est à la fin du 19ème siècle que la chimie thérapeutique fait son apparition : son but est la création de composés organiques possédant des propriétés thérapeutiques. Les chercheurs s’inspirent de la nature pour trouver des principes actifs efficaces : la plupart des produits synthétiques sont la reproduction d’un modèle naturel et les substances actives sont préparées par synthèse. Le premier alcaloïde, la conine, fut synthétisé en 1886, mais il y eut aussi des hormones (adrénaline, ocytocine,…), des antibiotiques (chloramphénicol…).

 

Les chercheurs se sont vite fixé de nouveaux objectifs, copier la molécule d’origine ne leur suffisait plus ; ils voulaient améliorer les propriétés thérapeutiques des substances naturelles. Ils ont alors modifié les molécules pour en faire des dérivés plus actifs.

 

La pharmacie galénique dut alors s’adapter à toutes ces avancées. P.Lotteau 2 écrit à ce sujet : … Bien que les drogues anciennes n’aient pas disparu, les médecins tendaient de plus en plus à les remplacer par des médicaments bien déterminés et dosés. Avec les alcaloïdes, étant donné leur grande activité, l’on sentit rapidement la nécessité de fractionner les prises de médicaments, d’où le développement des pilules, granules, la naissance des cachets, des comprimés par exemple. Connaissant les propriétés des « alcalis végétaux », et notamment l’action néfaste de la chaleur, les efforts vont se porter sur la recherche de modes de préparation permettant de les épargner et de conserver toute leur activité. Le développement des connaissances chimiques est donc une cause de l’évolution de l’art pharmaceutique. Le pharmacien, disposant de nouveaux médicaments, a tout naturellement été amené à composer des formes pharmaceutiques nouvelles. 

 

Peut-être n’aurions-nous pas connu un si grand bouleversement si, parallèlement à cette évolution d’origine chimique, la conception même de la thérapeutique n’avait évolué elle aussi. Pendant très longtemps il a semblé qu’il faille  mettre en fuite la maladie par l’horreur même que lui impriment les médicaments les plus détestables… C’est ainsi que l’on utilisait la poudre de crapaud et la râpure de crâne humain. Au XIXè siècle on s’aperçoit du caractère erroné et peu scientifique d’une telle conception ; aussi s’efforce-t-on d’apporter une réforme des médicaments et de les rendre plus agréables pour le patient…

 

 La chimie a permis l’extraction, le dosage et la synthèse des substances actives et la galénique a permis de mettre à disposition du malade des préparations à activité constante dont la forme galénique rendait facile l’administration. La pharmacie a alors pris un véritable tournant.

 

La Maison centrale de Droguerie Menier 

Le 19ème siècle est une période marquée par la naissance de la chimie. Cette nouvelle science a modifié rapidement et de façon importante le choix des remèdes mis à disposition des médecins. Mais en attendant l’arrivée des premiers alcaloïdes, ce sont encore les drogues issues des trois règnes, fraîches ou sèches, qui sont utilisées en médecine. Mais quelle était leur réelle activité thérapeutique ? Quelle était la pertinence du choix des drogues au 19ème siècle ? C’est la question qui a été traitée dans la thèse relative au droguier Menier, soutenue en octobre 2010 à l’Université de Reims3. C’est à cette question que j’ai tenté de répondre en m’appuyant sur l’étude du « Droguier Menier », droguier qui se trouve au Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens à Paris.

 

Un droguier est une collection d’échantillons de drogues, rangés dans un ordre méthodique et placés généralement dans des bocaux de verre. Par extension, « droguier » peut désigner le meuble ou la salle où a été placée la collection. Compte tenu de l’évolution importante du sens du mot « drogue », rappelons qu’on appelait ainsi toute substance d’origine végétale, animale ou minérale destinée à des fins médicales ou encore les matières premières qu’utilisaient les pharmaciens pour réaliser les préparations.

 

Le droguier Menier rassemble les drogues essentielles : il est un témoin majeur de l’arsenal thérapeutique de cette première moitié du 19ème siècle. Il est intéressant de l’étudier pour découvrir si les connaissances actuelles des principes actifs utilisés dans nos médicaments modernes s’appuient sur la connaissance de nos prédécesseurs. Quelle est la cohérence, s’il y en a une, entre la connaissance des drogues du 19ème et celles d’aujourd’hui ? Quel a été l’héritage du 19ème siècle  sur les recherches de nos contemporains ? Mais avant de tenter d’y répondre, laissez-moi vous présenter ce droguier dont l’intérêt historique est incontestable.

 

C’est à Jean Antoine Brutus Menier que nous devons cette magnifique pièce de collection. J.A.B. Menier est né le 17 mai 1795 à Bourgueil-sur-Loire. Dès l’âge de neuf ans, il est envoyé au Prytanée militaire de la Flèche où il côtoie rapidement le milieu de la pharmacie. En 1811 il entre comme élève chez Louis Maignan, l’un des trois pharmaciens du Prytanée. Il y demeure deux années, pendant lesquelles il récolte des plantes médicinales dont il fait des préparations magistrales. Puis, muni d’un passeport sur lequel est écrit « profession de pharmacien », il part à Paris. Le 1er octobre 1813, il entre au service du pharmacien-chef du Val-de-Grâce, Etienne Antoine. Il quitte cet hôpital en janvier 1814 et grâce à ses deux certificats, il reçoit une commission de pharmacien sous-aide pour faire partie des officiers de santé de la 24ème division ; il est rapidement prié de rentrer car M. Antoine a besoin de lui pour le seconder dans ses fonctions. Le 21 août 1814, il est licencié suite à une dissolution importante d’une grande partie de l’Armée Impériale et doit regagner ses foyers suite à un arrêté ministériel.

 

En 1815, J.A.B. Menier s’associe à son père et devient négociant en vins et produits de Touraine, sa carrière dans les affaires commence alors. Dès 1820, leur association connaît des difficultés financières. A la mort de son père en septembre 1822, il est contraint de reprendre l’affaire et se retrouve alors dans une situation critique.

 

Par son contrat de mariage en février 1816 avec Marie-Edmée-Virginie Pichon, fille d’un marchand champenois, il reçoit une dot appréciable qui lui permet de rembourser les dettes de l’entreprise et d’avoir un capital suffisant pour créer une maison de commerce. Les quelques mois passés à la pharmacie du Val-de-Grâce lui permettent de déceler les difficultés que rencontrent certains pharmaciens : rareté des élèves, difficultés d’approvisionnement en drogues végétales et minérales, coût du matériel nécessaire à la fabrication de substances pharmaceutiques, difficulté de pulvériser les drogues et impossibilité de vérifier l’authenticité des poudres achetées. Ce constat amène J.A.B. Menier à se tourner vers l’activité de droguiste.

 

Son objectif est double : placer le droguiste comme intermédiaire indispensable entre le fournisseur et le pharmacien et fournir aux pharmaciens des poudres dont la pureté, l’homogénéité et l’origine sont garanties.

 

En 1816 il fonde la droguerie Menier. Il commence modestement en mars avec un moulin à bras qui lui sert à faire des farines de lin et de moutarde, puis il utilise un jeu de meules actionné par des chevaux. L’énergie et la place deviennent rapidement insuffisantes, J.A.B Menier doit agrandir ses ateliers. Il déménage plusieurs fois et s’entoure d’associés tels que Jacques-Victor-Alexandre Duval ou encore Théodore Richer avec qui il fait l’acquisition d’un nouveau moulin à blé, à force hydraulique de l’ordre de trente-deux chevaux, situé sur la Marne, à Noisiel. Rapidement J.A.B. Menier trouve des fonds auprès de bailleurs, ce qui lui permet d’acquérir des matériels modernes et performants. Après plusieurs déménagements il crée rue des Lombards un site plus important qu’il décrit ainsi : … Nous avons donné l’exemple d’une réforme en créant de vastes magasins où circulent l’air et la lumière, où les marchandises, classées par catégories, présentent un tableau rassurant contre les détériorations et les chances d’erreur, où le travail des employés rencontre toutes les conditions du bon ordre et de la rapidité…

 

Le choix du quartier des Lombards est judicieux puisque c’est le quartier des droguistes, des confiseurs, des pharmaciens mais aussi celui d’un marché aux plantes médicinales. Ce quartier particulièrement actif devient le quartier de Paris le plus industrialisé en 1848. Très vite la notoriété s’installe, portée par la réputation de la qualité des drogues fournies aux pharmaciens, le contenu de chaque sac vendu étant garanti par une étiquette portant sa signature. J.A.B. Menier passe alors d’une production artisanale à une production industrielle en faisant preuve de génie et en sachant s’entourer de personnes compétentes, comme le droguiste Alphonse Delabarre, nommé contremaître. Rapidement il améliore ses équipements et connaît un véritable succès avec la pulvérisation de nombreuses drogues quelle que soit leur résistance. On peut citer la limaille de fer et la limaille d’acier, conservées encore aujourd’hui dans le droguier et qui lui valent la remise de médailles aux expositions universelles auxquelles il ne manque pas de se rendre. En 1832 la Société d’Encouragement à l’Industrie Française déclare : … L’art de la pulvérisation n’était point encore considéré comme une branche spéciale d’industrie, chaque industriel préparant lui-même les poudres dont il avait besoin. Un établissement dans lequel pouvaient se trouver toutes ces préparations bien faites manquait donc à la France…

 

En 1834, J.A.B. Menier constitue une nouvelle commandite dont il définit ainsi l’objet : … La fabrication des poudres et farines à l’usage des pharmaciens, droguistes et herboristes, la mouture des grains, la fabrication du chocolat, la pulvérisation et la préparation des produits pharmaceutiques, la fabrication des orges perlés, des gruaux d’avoine et le commerce de tout ce qui concerne la droguerie…

Lui-même n’étant pas diplômé, il sait s’entourer de pharmaciens réputés afin d’asseoir la confiance de ses clients. Il reçoit d’ailleurs plusieurs médailles témoignant de la qualité de ses poudres mais aussi de ses diverses qualités humaines.

 

Le succès de son entreprise fait des jaloux au sein des pharmaciens, qui lui reprochent vite son absence de diplôme. En effet, la loi sur la pharmacie de 1803 stipulait que : … Nul ne pourra obtenir de patente pour exercer la profession de pharmacien, préparer, vendre ou débiter aucun médicament s’il n’a été reçu dans une des Ecoles de Pharmacie… C’est pourquoi, en 1839, à quarante-quatre ans, J.A.B. Menier reprend ses études et obtient son diplôme de pharmacien, vingt-cinq ans après son stage au Prytanée. … Gérant d’une entreprise qui touche si intimement à la pharmacie, j’ai cru de mon devoir de conquérir le titre de pharmacien. Il fallait recommencer des études que j’avais abandonnées depuis vingt-cinq ans, suivre des cours et subir des examens qu’on n’affronte pas volontiers à mon âge. Je n’ai point reculé devant cette tâche pénible et si difficile à concilier avec mes occupations commerciales…

 

Pour obtenir son diplôme, J.A.B. Menier présente un certificat de six mois et onze jours établi par Pierre-Joseph Malatret, pharmacien en chef de l’armée du Main : ce qui laisse penser qu’il a perfectionné son apprentissage à ses côtés, pendant cette période mouvementée de l’histoire marquée par la chute de l’Empire. Nous savons qu’il réussit à faire valider ses différents stages compte tenu des certificats élogieux qu’il a acquis auprès de L. Maignan, d’E. Antoine puis de P.J. Malatret. Il peut ainsi faire reconnaître 17 mois de stage : on parlerait aujourd’hui de VAE, Validation des Acquis par l’Expérience !

 

Dès 1842, reconnu pour ses compétences professionnelles, il est élu à la Société de Pharmacie de Paris (Académie Nationale depuis 1946) et plusieurs prix lui sont décernés. En 1849 alors qu’il reçoit une médaille d’or, le jury note qu’il a la confiance de tous les pharmaciens. En effet il fournit un grand nombre d’officines sur toute la France et ses livres ne contiennent pas moins de 8000 comptes. En 1851, J.A.B. Menier se rend à Londres pour la première Exposition Universelle et y reçoit, pour ses fabrications, la médaille d’or avec mention honorable. Son concurrent François Dorvault, pharmacien droguiste à Paris, lui rend cet hommage : … Menier a fondé à Noisiel sur Marne, il y a déjà de longues années, une usine hydraulique pour la pulvérisation des substances médicinales qui n’a point d’analogue en Europe et par son importance et par la perfection des produits qui en sortent…

 

Pendant toutes ces années d’exercice, JAB. Menier a le souci de former des jeunes pharmaciens. Dès 1840, un an seulement après son diplôme il accueille de nombreux stagiaires dans sa droguerie ; nous en comptons douze dans les registres d’immatriculation cette année-là. C’est une des raisons majeures qui nous permet de déduire que le droguier est déjà constitué en 1839. En effet, l’épreuve de reconnaissance des drogues étant une partie importante des épreuves du diplôme de pharmacien, on ne peut pas imaginer que la formation des jeunes pharmaciens ait pu se faire sans l’existence de ce droguier à visée pédagogique. Mais peut-être ne comportait-il pas les 755 drogues du droguier actuel ? Il a pu être complété entre 1840 et 1867, date de la cession de la Maison Centrale de Droguerie.

Dans le nécrologe universel qui suivit les obsèques de J.A.B. Menier en 1853, on peut lire : … Menier savait beaucoup ; souvent nous avons eu recours à ses lumières relativement à l’origine et à la pureté de divers produits. C’était toujours avec une sage réserve qu’il nous donnait des notions les plus curieuses et les plus intéressantes, et nous avons su profiter de ses communications lors de la publication de notre Dictionnaire des falsifications… Nous retrouvons là son souci de transmettre les connaissances. Nous savons aussi que Menier organisa un cours gratuit destiné à l’instruction des élèves. A. Chevallier 4 écrit  … L’inexactitude des élèves à suivre ce cours qui, à la vérité, ne pouvait se faire que le soir, après les heures de travail, fut la cause que Menier, à son grand regret, ne le fit pas continuer…

 

Dans le Prix Courant Général de 1854 de la Maison centrale de Droguerie5, il est écrit : … Dans notre désir d’être utiles à toutes les personnes qui font leur profession de la pharmacie, nous n’avons pas oublié les élèves. Nous tenons à leur disposition des herbiers, des droguiers et des collections minéralogiques disposés avec l’ordre scientifique pour faciliter leurs études…. Et il propose pour un prix de 300 francs, vases et emballage compris, un droguier composé de … 520 substances en beaux échantillons avec le nom vulgaire, le nom botanique, la famille et la provenance ...

 

J.A.B. Menier décède le 19 décembre 1853 à son domicile, des suites d’une paralysie qui l’avait frappé en 1852. Et à cette occasion de nombreux discours élogieux sont prononcés, montrant l’extrême bienveillance que Menier avait pour ses employés.

 

Son fils, Emile-Justin, reprend l’entreprise mais après quelques années il décide d’abandonner la pharmacie pour se consacrer exclusivement à la fabrication industrielle du chocolat et revend donc l’entreprise, en 1867, à son concurrent François Dorvault, fondateur de la Pharmacie Centrale de France, celui-là même qui avait rendu hommage à son père.

 

Le Droguier Menier

Le droguier Menier est une magnifique collection de pots contenant 755 drogues des trois règnes : végétal, minéral, animal.

 

 

 

En réalité cette collection comprend 793 pots, malheureusement 6 ont été cassés et 32 sont vides ou non étiquetés. Les pots, en verre blanc soufflé cylindrique à large ouverture, sont de dimensions presque identiques (hauteur 25,5 cm.), fermés par un bouchon de liège et recouverts d’une capsule métallique noire et or. Les pots portent deux étiquettes. La première étiquette est collée à mi-hauteur à l’intérieur, sans doute grâce à des colles de poisson, dont certaines d’ailleurs sont échantillonnées dans le droguier : colle de poisson, colle de Paris… Ses dimensions sont 15,3cm de longueur sur 10,3cm de largeur. L’étiquette est encadrée par quatre ornements géométriques à chaque angle et un bandeau à décors d’inspiration végétale. Au milieu de la partie supérieure du bandeau, se trouve un médaillon ovale contenant la coupe et le serpent. Au centre, un espace est réservé à l’inscription du nom de la drogue, en français et en latin, de la famille botanique lorsqu’il s’agit d’une substance d’origine végétale et souvent de la provenance. Ces inscriptions sont réalisées au pochoir. On remarque parfois de fines lignes tracées au crayon de papier.

 

 

 

Ces étiquettes étaient imprimées par lithographie, procédé d’impression datant de la fin du 18ème siècle. Le dessin était réalisé sur une pierre calcaire ou un papier lithographique avec une encre ou un crayon gras. Une solution de gomme arabique et d’acide nitrique, apposée sur la pierre, fixait le dessin et rendait la pierre poreuse aux endroits vierges. Après séchage, la pierre était nettoyée à l’essence de térébenthine puis mouillée à l’eau claire. On appliquait alors au rouleau une encre grasse qui ne se fixait que là où se trouvait le tracé du dessin. Le tirage était ensuite réalisé avec une presse lithographique.

 

Jadis manuscrites et purement informatives, ces étiquettes n’ont été imprimées par ces procédés que lorsqu’elles ont été vendues au cent. Elles se sont alors ornées de filets dorés, de bordures ornementées, de véritables saynètes où figurent cornues et alambics, médecins célèbres ou décors évoquant les pays d’origine. On peut penser que J.A.B. Menier les avait créées pour sa Maison Centrale de Droguerie car on ne les retrouve pas en vente dans son catalogue « Prix Courant Général » qui proposait pourtant une large gamme d’étiquettes.

 

Une seconde étiquette, plus petite, de 4,5 cm de long sur 3,2 cm de large, est collée sur chaque pot, à l’extérieur, sur la deuxième moitié inférieure. Elle porte un numéro et la mention … Droguier Menier offert le 4 juillet 1872 à l’Association des Employés Droguistes de la Seine. N° …. Ces étiquettes, dont certaines ont disparu (il reste parfois des traces de colle), montrent que le droguier a été « inventorié » lors de sa cession à la dite association. Aucune logique n’a été trouvée dans ce référencement : ni ordre alphabétique, ni classement par familles ou usage.

 

Comme nous l’avons déjà évoqué, ce droguier contient des drogues issues des trois règnes, mais le règne végétal y est plus largement représenté.

 

Ces drogues ont des origines diverses et variées : Asie, Amérique, Afrique, Europe... On note une absence d’homogénéité dans la façon de mentionner les provenances, on trouve aussi bien des continents (Asie) que des zones géographiques (Midi de la France) ou encore des régions (Provence) ou des villes (Alep).

 

On remarque également des expressions synonymes, comme « Midi de la France » et « France méridionale ».

 

Ce manque d’homogénéité laisse penser que ce droguier est de plusieurs mains. Ceci n’est pas étonnant puisque les travaux réalisés sur les droguiers, comme celui de Montpellier, montrent que ces collections à visée pédagogique n’étaient jamais figées mais constamment enrichies par les élèves qui se succédaient au fil des générations.

 

On peut s’étonner de la faible proportion de drogues en provenance du continent africain, avec lequel les échanges étaient pourtant établis. Si l’Océanie est absente, l’Asie prédomine, sans doute en raison des échanges commerciaux qui se sont considérablement développés dans la deuxième moitié du 19ème siècle.

 

Notre travail de thèse permet aussi de rappeler l’importance des droguiers dans la formation des pharmaciens à l’époque de J.A.B.Menier, c’est-à-dire dans la première moitié du 19ème siècle, et de montrer la cohérence de l’usage de ces drogues à cette époque et aujourd’hui.

 

J.A.B. Menier est le premier, en fondant la Maison Centrale de Droguerie en 1816, à fabriquer et fournir aux pharmaciens des produits de qualité pour les préparations magistrales et officinales de l’époque. Il avait bien compris la place qu’occupait le droguier dans l’apprentissage des jeunes pharmaciens et préparateurs. C’est pourquoi dès 1845 il proposait dans son Catalogue Prix Courant Général l’achat d’un droguier qui permettait aux professeurs et aux élèves de s’entraîner tout au long de l’année pour l’épreuve de reconnaissances de fin de cycle. Il a su aussi mettre le sien à disposition de tous ceux qu’il accueillait en apprentissage. L’analyse des programmes des écoles de pharmacie contemporaines de J.A.B. Menier confirme l’importance de ce type d’épreuves, avec au minimum cinquante « objets de matière médicale » à reconnaître pour remplir les exigences d’obtention du diplôme. Aujourd’hui encore, en 2010, les étudiants en pharmacie de Reims, à plusieurs reprises dans leur cursus, ont plus de deux cents substances minérales ou végétales, fraîches ou sèches, substances chimiques et galéniques, à savoir reconnaître ; une vingtaine d’entre elles sont présentées à l’épreuve de reconnaissances. L’intérêt de ce type d’épreuves reste entier : sécuriser les préparations magistrales et officinales, éviter les confusions et repérer d’éventuelles contrefaçons.

 

Le droguier Menier a une histoire difficile à retracer et il reste encore des points à éclaircir. Faute de preuves, nous ne pouvons émettre que des hypothèses, hypothèses concernant sa date de création mais aussi ses différents lieux de détention.

 

Le fait que ce droguier soit d’une homogénéité si parfaite nous laisserait penser qu’il a été constitué sur une période limitée. Mais quand ?

 

La Maison Centrale de Droguerie a été créée en 1816 par J.A.B. Menier lui-même. Elle était d’abord située rue du Bar-du-Bac puis elle a déménagé plusieurs fois pour enfin se retrouver, entre 1827 et 1851, rue des Lombards. Nous avons donc la certitude que le droguier n’a pu être créé qu’à partir de 1816. Nous savons que J.A.B. Menier a dû faire un stage de 17 mois pour obtenir son diplôme de pharmacien. A cette époque, la validation du stage comprenait une épreuve de reconnaissances, ce qui implique l’existence d’un droguier. De plus, une fois pharmacien, il a accepté de prendre 12 stagiaires en formation en 1840 ; il fallait donc bien qu’il possède un droguier pour les entraîner à l’épreuve de reconnaissances. Toutes ces données nous permettent de penser que la date de création du droguier se situe entre 1816 et 1838.

 

Quand en 1867 son fils Emile Justin vend toute la partie pharmaceutique pour se consacrer à la fabrication du chocolat, le droguier aurait pu, dès 1868, être transféré dans les locaux de l’entreprise de Dorvault, rue de Jouy à Paris. Mais celle-ci possède déjà un droguier, comme nous l’indique un passage de « la Pharmacie Centrale de France » écrit par Charles Sellier en 1905 6 : … Au centre de l’hôtel, s’ouvre un large vestibule qui conduit à la Maison de Commerce. Il est orné, de chaque côté, de hautes vitrines renfermant une collection de produits chimiques et de précieux échantillons de drogues et de produits rares… Il ne peut donc pas s’agir ici de celui de J.A.B. Menier car celui-ci a été cédé à l’Association des Employés Droguistes de la Seine en 1872. Mais la question qui se pose alors est de savoir où se trouve le droguier Menier entre 1867, date à laquelle Emile Justin Menier revend la partie pharmaceutique de l’entreprise à Dorvault, et 1872. Si le droguier était resté à Paris, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie il serait devenu la propriété de Dorvault, ce qui n’est pas possible car nous savons qu’entre 1867 et 1872 le droguier appartient encore à la famille Menier. Nous émettons alors l’hypothèse que le droguier aurait pu être transféré à l’usine de Saint-Denis avant 1867 et qu’il y serait resté jusqu’en 1872. En effet, même si la cession à Dorvault en 1867 concerne aussi l’usine de Saint-Denis, Boussel nous apprend que ce n’est que le 9 septembre 1869 qu’a eu lieu la cession de l’immeuble.

 

On voit que dans tous les cas de figure, le droguier a été conservé sur le site de Noisiel mais durant quelle période ? Ce pourrait être de 1838 à 1872, de 1851 à 1872 ou de 1869 à 1872. Il était intéressant de pousser les recherches sur le site de Noisiel. Bernard Logre, Président de l’association Connaissance du Val Maubuée a signalé que « la piste de Marcelin Berthelot » pourrait être un point de départ pour la recherche. En effet, ce dernier est venu à Noisiel travailler, sous contrat, dans un laboratoire de l'usine entre le 26 octobre 1860 et le 23 mai 1863. Le professeur Marcel Delépine indique …qu'il y allait tous les huit jours pour ordonner les préparations et conseiller les exécutants … Le droguier était-il à Noisiel pour permettre les travaux de Berthelot ?

 

Le droguier Menier a été offert en 1872 par la famille Menier à l’Association des Employés Droguistes de la Seine. Cette Association accueillait des professionnels de la droguerie et avait le souci, à travers ses collections, d’apporter un support de formation aux employés droguistes et aux élèves en pharmacie. Le droguier semblait donc avoir toute sa place au sein de l’Association qui, comme le stipule l’article 24 des statuts, pouvait accepter des dons et des legs, ce qui est aussi très rare à cette époque  : … ART.24 : La Société accepte avec reconnaissance tous les dons qui lui sont offerts. Les noms des donateurs sont cités, avec l’expression de la gratitude de la Société, dans le rapport lu à la plus prochaine Assemblée Générale…

 

Mais quel pouvait donc être le lien entre Emile Justin Menier et l’Association ? N’ayant pu retrouver les statuts de 1869, nous ne pourrons répondre à cette question que par des suppositions. L’association accueillait les employés droguistes du département et donc très probablement ceux qui travaillaient à la Maison Centrale de Droguerie. D’autre part l’article 5 du titre II des statuts précise  …Titre II : Membres Honoraires et Membres d’Honneur

ART.5 La Société admet avec reconnaissance, comme Membres Honoraires, les Chefs des Maisons désignées à l’article premier, et, en général, toutes les personnes qui peuvent, par leur situation et l’efficacité et leur concours, contribuer à sa prospérité…Les Membres Honoraires sont agréés par le Conseil d’Administration. Un versement ou un legs d’au moins 500 fr. donne droit au titre de Membre Honoraire Perpétuel. Un versement ou un legs d’au moins 1000 frs. donne droit au titre de Membre d’Honneur Perpétuel. Ces titres peuvent également être décernés par le Conseil d’Administration pour services exceptionnels rendus à la Société …

 

Emile Justin Menier, chef d’une des plus grandes maisons, avait donc, comme Dorvault, toutes les qualités requises pour être membre honoraire. Il n’y a donc rien d’étonnant qu’il ait offert son droguier à l’Association puisque lui-même ne menait plus d’action de formation au sein de la maison. C’est d’ailleurs ce que l’on peut lire entre les lignes dans la notice de Maryvonne Lafont, au moment du legs du droguier: … Le don, par le fils [Menier], d’un droguier de plus de 700 simples aux employés droguistes de la Seine, douze ans après l’interruption de ses activités dans ce domaine est à rapprocher de la création par le père d’un cours gratuit destiné à l’instruction de son personnel après les heures de travail. La formation permanente n’est pas, on le voit, une création récente et c’est par l’intermédiaire des « Cours de la Droguerie » que les bocaux sont parvenus au Copriphar…

A une date qui n’a pas pu être retrouvée, l’Association des Employés Droguistes de la Seine lègue le droguier au Copriphar, centre de formation. Le droguier créé par J.A.B. Menier pour des raisons pédagogiques reste dédié à l’enseignement. En effet, le Copriphar créé par l’Uniphar accueillait la plupart des façonniers de l’industrie pharmaceutique et proposait des cours à des ouvriers de production. En 1970, il devient un centre de formation professionnelle continue et rejoint le groupe des organismes du SNIP (Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique) devenu aujourd’hui le LEEM (LEs Entreprises du Médicament). Parmi les formateurs, beaucoup étaient membres de la SFSTP (Société Française des Sciences et Techniques Pharmaceutiques). Le Copriphar a cessé ses activités dans les années 1990.

 

La reconstitution de l’histoire du droguier Menier montre que, s’il a changé plusieurs fois de propriétaire, il a toujours gardé la visée pédagogique pour laquelle il avait été constitué.

 

L’arsenal thérapeutique au 19e siècle

En s’appuyant sur ce droguier, nous nous sommes attachés à rechercher une éventuelle cohérence entre l’usage ancien et l’usage moderne des drogues des trois règnes. On peut noter ici que le terme « usage ancien », ne sous-entend pas « empirisme », à une époque où les écoles de pharmacie proposaient déjà, avec la naissance de la chimie, un enseignement de qualité.

 

L’usage ancien des 755 drogues de la collection Menier a été relevé dans l’édition de 1844 de L’Officine de Dorvault. Compte tenu de l’importance du droguier – plus de 760 pots – il n’était pas envisageable de mener l’étude sur l’ensemble de la collection. De plus, le sujet reposant sur un comparatif entre usage ancien et usage moderne, il nous était impossible de travailler sur des drogues aujourd’hui disparues de la thérapeutique. La sélection retenue a donc été celle des drogues entrant encore dans les éditions en vigueur de nos Pharmacopées française et européenne. Cette sélection représente environ un tiers de la collection, très exactement 238 drogues. L’analyse d’une évolution des pharmacopées a montré que les drogues de la collection Menier aujourd’hui sorties de la Pharmacopée Française et/ou de la Pharmacopée Européenne n’en ont pas été exclues forcément par défaut d’intérêt thérapeutique. Le choix des drogues retenues pour la recherche restait donc représentatif et les conclusions de l’étude sont donc applicables à l’ensemble des drogues de l’arsenal thérapeutique du 19ème siècle.

L’étude comparative a porté sur deux critères : la sphère à laquelle la drogue était destinée (digestive, pulmonaire…) et les indications thérapeutiques.

Les résultats de l’étude globale sont probants. En effet on remarque d’emblée que plus de 60% des drogues étaient présentées au 19ème siècle avec des indications et / ou des propriétés proches de celles qui sont décrites aujourd’hui.

 

 

 

Certes les textes de Dorvault ont été repris d’édition en édition mais l’examen des textes montre aussi que les remaniements ont été nombreux et que le maintien des indications et des propriétés est donc bien volontaire. Lorsque l’information existe dans la source moderne Thériaque, les résultats confirment d’ailleurs souvent cette cohérence.

 

Dans 22% des cas, ni les indications, ni les propriétés n’ont été confirmées au 20ème siècle. Compte tenu de l’avancée prodigieuse de l’analyse des drogues au milieu du 19ème, ce taux d’échec est sans doute à rapprocher de la connaissance empirique que les générations passées avaient colportée. Les réputations sont solides et nous constatons encore aujourd’hui des usages qui perdurent dans des zones rurales ou dans des pays plus lointains. Citons la mandragore, plante magique, qui a été très utilisée par les anciens qui lui prêtaient des vertus anesthésiques et y avaient recours pour les actes de chirurgie. Toutes les parties de la plante étaient définies comme narcotiques et dangereuses. La forme de sa racine lui prêtait aussi, conformément à la théorie des signatures, les vertus d’un puissant aphrodisiaque. Guibourt  écrivait en 1821 : … Toutes ses parties sont pourvues d’une odeur désagréable et sont fortement narcotiques et stupéfiantes…. On lui avait donné le nom d’Anthropomorphon en lui attribuant des propriétés merveilleuses et surnaturelles qui s’évanouiront à mesure que les peuples deviendront éclairés… Cazin  le signalait en usage interne dans les aliénations mentales, Dorvault précisait que son usage restait rare et uniquement externe, en cataplasmes, sur les tumeurs scrofuleuses et squirreuses.

 

Ce second schéma reprend la tranche des 63% du premier graphique et met à nouveau en évidence le bon niveau de cohérence des usages anciens et modernes, tant au niveau de la sphère traitée que des indications ou propriétés.

 

 

 

Dans la moitié des cas, la cohérence est totale. Si nous rapportons ce résultat à l’ensemble de la sélection, nous pouvons en déduire que 32% des drogues se sont vu confirmer les propriétés qu’on leur prêtait au 19ème siècle.

Pour les drogues dont la cohérence n’est que partielle, nous avons relevé que dans bien des cas, ce sont de nouvelles indications qui ont été exploitées. Il ne faut donc pas y voir forcément des erreurs fondamentales imputables aux pharmaciens du 19ème siècle.

 

Il ressort de cette étude quatre cas de figure :

  • pour certaines drogues, l’usage décrit au 19ème a été confirmé au 20ème tant pour les indications que pour la sphère dans laquelle elles étaient préconisées. C’est le cas par exemple de la busserole, du séné, du genièvre, du gingembre, du cumin. La busserole, décrite par Dorvault comme diurétique et astringente, entre aujourd’hui dans plusieurs spécialités diurétiques et antiseptiques urinaires. Le séné a gardé ses propriétés laxatives – et purgatives à forte dose -, le genièvre ses propriétés diurétiques, le gingembre ses propriétés excitantes, stomachiques et carminatives et le cumin, ses propriétés carminatives.

 

  • pour d’autres drogues, les usages restent assez proches mais des évolutions sont apparues, telles qu’un élargissement des sphères traitées ou de nouvelles indications. C’est le cas de la mélisse, du millepertuis et du coquelicot. Stimulante, vulnéraire et antispasmodique, la mélisse s’est vu doter de propriétés cholérétiques et eupeptiques. Le millepertuis a révélé des propriétés antidépressives alors qu’il était présenté comme vulnéraire. Guibourt précise qu’il entre dans la Thériaque, le baume du Commandeur et l’huile d’Hypericum. Le coquelicot, béchique, confirme ses propriétés d’antitussif mais se trouve utilisé dans les troubles du sommeil.

 

  • d’autres drogues ont vu certains de leurs usages controversés voire abandonnés. Citons par exemple le souci et la valériane. Le souci, cité comme anticancéreux, devient antiprurigineux, anti-inflammatoire, anti-oedémateux et antimicrobien. La valériane, connue pour ses propriétés excitantes et fébrifuges, acquiert des propriétés anxiolytiques et sédatives dans les troubles du sommeil.

 

  • et enfin certaines drogues ont complètement disparu du domaine thérapeutique et sont devenues des curiosités, suscitant encore beaucoup d’intérêt de la part des amateurs d’histoire et de traditions. C’est particulièrement le cas des drogues d’origine animale.

 

Le règne animal était très utilisé dans l’Antiquité et il a connu son apogée au début du 19ème siècle. Les nombreuses drogues animales répertoriées dans le Dictionnaire ou traité universel des drogues simples (1759) de N. Lémery  confirme cette diversité. On utilisait les animaux entiers ou seulement des parties d’animaux (organes, phanères, sécrétions…). A la fin du 19ème siècle l’opothérapie devient plus scientifique par la découverte des glandes endocrines, c’est alors qu’est lancée la mode des poudres d’organes ou de tissus animaux. Mais la conception du médicament change avec l’arrivée de la chimie et des nouvelles techniques d’isolement de principes naturels, c’est alors que les drogues animales disparaissent presque toutes des Pharmacopées. De plus, la maladie de Creutzfeldt Jakob a limité et réglementé toute utilisation de substance d’origine ovine, bovine ou caprine dans un but de prévention.

Même si les drogues animales du droguier Menier ne sont presque plus utilisées aujourd’hui, il nous a semblé intéressant de retrouver l’usage de ces drogues, disparues des Pharmacopées ou de L’Officine de Dorvault, à l’époque de J.A.B. Menier.

Les drogues de cette catégorie que l’édition moderne du Dorvault a retenues l’ont été la plupart du temps pour leur intérêt historique. Présentons ici quelques drogues disparues qui retiennent systématiquement la curiosité du visiteur.

 

Cantharide Mylabre de la chicorée : selon Lémery, ces mouches étaient utilisées pour leur pouvoir corrosif, elles soulageaient les parties malades en faisant sortir les sérosités. Elles étaient utilisées dans les maladies des yeux, des gencives, du nez, pour l’apoplexie, la paralysie, en application sur les jambes pour les rhumatismes ou encore contre la goutte sciatique.

 

Galle d’Alep, de Chine, de Smyrne : Les galles sont issues du règne animal puisqu’elles sont provoquées par une piqûre d’insecte sur un arbre. Il se forme une coque qui se remplit et se durcit. Ces coques sont astringentes, elles entrent dans la composition des emplâtres, des onguents, des injections, des fomentations. Elles sont fébrifuges.

 

Kermes animal : c’est une coque provoquée par la piqûre d’une punaise sur la branche d’un arbre. La punaise s’enveloppe dans la coque et y pond des vers qui deviennent moucherons. Les apothicaires utilisaient la pulpe de la coque pour en faire du sirop de Kermès. Cette pulpe est cardiaque, dessiccative, astringente, elle fortifie l’estomac, elle répare les forces abattues et empêche l’avortement. Elle est également utilisée dans la colique venteuse.

La pulpe sèche est aussi utilisée pour faire des teintures rouges.

 

Musc kabardin : ces mouches étaient écrasées et appliquées sur les cheveux pour les faire croître. On pouvait également utiliser l’eau propre obtenue par distillation dans les maladies oculaires.

 

Os de cœur de cerf : Lémery et Jourdan  en donnent une description détaillée. Il s’agit d’un os petit, plan, blanc, irrégulier, souvent cruciforme que l’on trouve dans le cœur du cerf ou dans celui du bœuf. Cet os est en réalité un cartilage mais il se durcit rapidement quand l’animal est mort. Il est reconnu comme cordial, peut-être en raison de sa forme. Lémery écrit qu’il résiste aux venins et arrête le crachement de sang, tandis que Jourdan le dit propre à prévenir l’avortement. Toujours est-il qu’il est très employé dans plusieurs compositions de pharmacie.

 

Sang de bouquetin : Selon Jourdan, on peut attribuer au sang de bouquetin les propriétés de la gélatine qu’il contient. Une fois desséché, il était utilisé par les anciens comme le sang de bouc, dans la dysenterie et les affections calculeuses.

 

Les yeux d’écrevisse : Il s’agit de deux petites pierres grosses comme des pois, aplaties, orbiculaires ayant la forme d’un œil. Elles sont situées, nous dit Lémery, immédiatement au dessous de la tête, vers l’estomac de l’écrevisse de rivière, le plus souvent mâle. Ces « yeux » sont lavés puis séchés au soleil ou parfois calcinés. Lémery dit de ces pierres qu’elles sont  …astringentes, dessiccatives, absorbantes, propres pour adoucir les humeurs trop acides ou âcres, pour arrêter les cours de ventre, les hémorrhagies, le vomissement ; elles provoquent un peu l’urine, elles purifient le sang…

 

La momie d’Egypte ou Mumie : selon Lémery (1759), la momie est …détersive, vulnéraire, résolutive, elle résiste à la gangrène, elle fortifie, elle est propre pour les contusions, et pour empêcher que le sang ne caille dans le corps… L’édition du Dorvault la cite au chapitre des Bitumes, pour le même usage.

 

Conclusion

Nous retiendrons que les propriétés décrites au 19ème ont été confirmées ou complétées par de nouvelles indications découvertes grâce aux progrès de la science et à l’émergence de la chimie amorcée dès 1817 avec l’extraction des alcaloïdes et des hétérosides.

Vingt-deux pour cent des drogues ne présentent pas de cohérence, ni dans leurs indications, ni dans la sphère pour laquelle elles étaient préconisées. Nous avons tenté d’expliquer ces écarts mais une étude plus approfondie, pour chacune de ces drogues, pourrait en être faite.

Malgré des moyens de recherche et d’analyse encore limités, nos prédécesseurs du 19ème siècle ont su mettre en avant les activités thérapeutiques des drogues de façon pertinente. D’ailleurs, nombreux sont les chercheurs qui pensent aujourd’hui que le règne végétal est loin d’avoir livré tous ses secrets et de nombreuses équipes de chercheurs travaillent dans ce sens. Il serait dommage de considérer que la deuxième moitié du 19ème siècle a ouvert une nouvelle ère de la pharmacie sans lien avec le passé. Au contraire, ce travail montre qu’il faut s’appuyer sur les connaissances de nos prédécesseurs et sur la continuité de l’histoire pour orienter nos recherches modernes.

 

On peut espérer que le droguier Menier gardera sa valeur pédagogique et que des étudiants sauront y puiser de nouveaux sujets de thèse. Les résultats de ce premier travail montrent que la révolution liée aux développements de la chimie ne doit pas être interprétée comme une rupture dans l’histoire de la pharmacie. Au contraire, ils prouvent qu’il est tout à fait opportun de s’appuyer sur ce que fut la pharmacie d’hier pour comprendre ce qu’est la pharmacie d’aujourd’hui.

 

 

Texte intégral de la thèse BIUSANTE 

http://www.biusante.parisdescartes.fr/ressources/pdf/histmed-asclepiades-pdf-demouy-2010.pdf

 

Pour en savoir plus

Maison centrale de droguerie fondée en 1816. Menier & C.ie, pharmaciens-droguistes... Usine hydraulique à Noisiel-sur-Marne. Prix courant général 1854
Paris : Plon frères, 1854.

http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/?cote=pharma_res029851&do=chapitre

 

Voir aussi:

      
Menier la plus grande chocolaterie du monde                    
Menier : hommes d’aventure                          

 

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1 Isabelle Demouy est Docteur en pharmacie.

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3 Isabelle DEMOUY, Des droguiers d’hier aux médicaments d’aujourd’hui. Le droguier Menier. Thèse Pharmacie Reims n°47. Octobre 2010.

4 CHEVALLIER A. Notice nécrologique sur Jean-Antoine-Brutus Menier, négociant, manufacturier.Extrait du nécrologe universel du XIX ème siècle,Annales Nécrologiques et Biographies des Notabilités de la France et de l’Etranger Administration du musée biographique et des archives générales de la noblesse de toutes les nations Paris : E. de Saint-Maurice Cabany ; 1834.

5 MENIER & Cie. Prix Courant Général. 3ème éd. Paris : Plon Frères ; 1854.

 

6 SELLIER Ch. La Pharmacie Centrale de France, 2ème éd. Paris : Pharmacie Centrale de France ; 1905.

7 BOUSSEL P. Dorvault. Sa vie, son œuvre. Paris : Editions de la Porte Verte ; 1979.

 

8 Tableau des données en annexes

9 GUIBOURT N.J.-B.G. Histoire naturelle des drogues simples ou cours d’histoire naturelle, 4ème éd. Paris : Baillière ; 1849.

10 CAZIN F.-J. Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, 3ème éd. Paris : Asselin, successeur Béchet Jeune et de Labé ; 1868.

 

11 LEMERY N. Dictionnaire universel des drogues simples. Paris : L.-Ch. d’Houry ; 1759.

 

12 JOURDAN A.-J.-L. Pharmacopée universelle. Paris ; J.-B. Baillière ; 1828.

 

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